Bambi la Vengeance fait appel à ce personnage culte de notre enfance pour dresser un portrait glaçant des dégâts portés à notre environnement.
Bambi la Vengeance vient étoffer la saga des Twisted childhood universe, ou contes horrifiques en français. Après Winnie et Peter Pan, le faon le plus mignon mute en une créature démoniaque et sanguinaire. Bambi a bien grandi depuis la mort de sa mère des mains d’un chasseur. Depuis, il a fondé sa propre famille. Tandis que les activités industrielles humaines déversaient de plus en plus de substances toxiques dans la nature. Jusqu’à ce qu’un double drame survienne : la compagne de Bambi décède des mains des humains et son petit se fait kidnapper par des chasseurs. Notre faon, devenu grand cerf, ingurgite un peu trop d’eau contaminée et se transforme en serial killer de la forêt.
La vengeance est un plat qui se mange saignant
Bambi la Vengeance (réalisé par Dan Allen) se construit comme un survival horror tout à fait classique. Bambi décide de s’en prendre à la famille du chef des chasseurs pour récupérer son fils. Comme par hasard, sa soif de vengeance prend place le même soir que la tenue d’une réunion de famille bien atroce chez les cousins débiles qui prennent un malin plaisir à vous martyriser quand les parents tournent le dos. N’allez pas dire ce que l’on n’a pas dit, personne ne mérite de se faire embrocher par un Bambi radioactif en images de synthèse (quoi que…).

Aussi attiré par l’apéritif fraîchement servi, Bambi en oublie les bonnes manières et casse littéralement la baraque. Sa première victime ne se fait point attendre et nous débarrasse de la tante tête à claque. S’enchaînent alors des morts violentes, servies par des gros plans bien sanglants comme les films d’attaques animales nous y ont bien habitués. Les personnages de ce genre de films d’horreur, bien connus pour leur QI frisant le néant, finissent par se disperser complètement dans la forêt dangereuse, à la merci de l’herbivore.
Critique Bambironnementale
Cependant, Bambi la Vengeance se tasse pour se contenir tant bien que mal en seulement 1 heure 20. Son propos n’atteint jamais grande intensité et se contente d’une mauvaise exécution. Il se déroule de manière convenue et prévisible, les personnages tombent un à un, platement. Le film pêche de ces figures stéréotypées, qui engendrent des interactions tout aussi artificielles. La pauvreté des dialogues et le mauvais jeu des acteurs desservent la critique sociale qui sous-tend cette œuvre.

Les âmes les plus charitables qui daigneront accorder une chance à Bambi la Vengeance seront récompensées. Sous sa mauvaise facture, en restant attentif, le film pointe sa caméra sur des sujets encore assez tus. La pollution de nos industries et de nos exploitations agricoles ont profondément détruit la nature. Si elle pouvait se défendre, peut-être aurait-elle pris la forme d’une icône de notre enfance, pour nous mettre sous le nez le monde ravagé que nous léguons à notre descendance.
Vengeance presque parfaite
Nous n’aurons pas même épargné Bambi. Les activités industrielles et agroalimentaires ont engendré un monstre prêt à tout pour se venger. Porté par une meilleure facture, son acte de désespoir aurait pu mieux marquer les esprits. A l’inverse de sa thématique originale, sa réalisation se contrit au banal. Bambi la Vengeance n’ose sortir des sentiers battus, par ses personnages caricaturaux et ses morts qui s’enchaînent mécaniquement jusqu’aux derniers survivants.
Bambi la Vengeance est sorti en novembre au cinéma et est arrivé sur nos petits écrans le 6 janvier 2026 en DVD, Blu-Ray et VOD.
Avis
Bambi la Vengeance est un vrai film d’horreur : il exploite l’atrocité de notre monde réel pour la transposer dans une œuvre de fiction. Sa thématique environnementale, peu exploitée au cinéma, lui aurait permis de se tailler une bonne réputation. Hélas, le dénuement de son scénario et ses mauvais personnages le réduisent à fort peu…

