[Rencontre] Claire Keim nous conte Au Royaume des Singes

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Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter la narration de ce documentaire ?

Très simplement. Il y a une vingtaine d’années, je faisais des voix pour des dessins animés Disney, quand ils ont eu ce projet dans les mains et cherchaient une voix pour la France, ils se sont dit que ce serait bien d’avoir quelqu’un qui a déjà un pied dans le monde de l’écologie. Ils ont pensé à moi et quand ils m’ont appelé j’étais tout de suite d’accord car j’adore leur cycle Disney Nature. Je trouve que c’est ce qui se fait de mieux en matière de documentaire animalier. Puis j’ai appris que ça parlait des macaques à toque. Il s’avère que je les ai vus lors d’un voyage au Sri Lanka. Mais à l’époque j’ignorais beaucoup de leur histoire et même qu’on les appelait « macaques à toque ». Et ensuite j’ai appris que le documentaire se faisait en partenariat avec la fondation Nicolas Hulot avec le programme Rajako, qui protège les primates au Sri Lanka. Je me suis dit non seulement je fais un truc qui moi m’éclate, c’est vraiment tout ce que j’aime, en plus ces documentaires font rêver et c’est la meilleure façon de donner envie de protéger et en même temps je fais ça une bonne action. J’ai vraiment été heureuse que l’on me propose à ce beau projet.

Et en plus ces documentaires parlent autant aux petits qu’aux adultes…

Oui c’est ça qui est formidable chez Disney c’est que tout le monde s’y retrouve. Il y a plusieurs niveaux de lecture. Et il y a très peu de films que l’on peut voir avec ses enfants au cinéma et surtout des documentaires. Celui-là en plus n’est pas du tout anxiogène. On ne se dit pas pendant tout le film « oh secours. Comment on peut faire pour les sauver ? ». Non. Il montre juste ce qu’il se passe. Sa grande force c’est qu’il s’est fait sur 3 ans et avec eux ils avaient un spécialiste qui les a étudiés pendant près de 50 ans. Ils avaient une mine d’informations impressionnantes pour pouvoir trouver des choses extrêmement singulières à montrer à l’image et à raconter. Et après coup de bol, ils ont rencontré Maya.

C’est une héroïne très singulière.

Et très Disney. Je m’en suis en rendu compte en racontant son histoire. On dirait un peu Cendrillon. Au début, elle n’est vraiment rien et puis il y a les trois méchantes sœurs qui rappellent un peu les belles sœurs de Cendrillon. Et à force de courage, elle s’en sort. Là je me suis dit c’est tout à fait une princesse Disney. Elle est très belle, elle est très valeureuse, très courageuse, pleine de bonté, elle est pleine d’abnégation. Elle est incroyablement ingénieuse. Elle a vraiment tout pour être une princesse Disney…sans parler de ses cheveux. L’équipe du film a eu une chance incroyable de la rencontre et qu’il lui arrive des choses de fous.

Et son histoire est pleine de rebondissements. Y a-t-il des scènes qui vous ont marqué particulièrement ?

Bizarrement une des scènes que j’ai adoré raconter, c’est celle où ils vont en ville. C’est très bizarre parce que ce n’est pas leur place. C’est même triste de les voir aller dans la ville parce qu’ils sont obligés d’aller chercher de la nourriture là-bas. Mais en même temps c’est assez drôle quand même, on se marre un peu comme des gosses. En plus à ce moment-là du film on a eu le temps de s’attacher à eux, on les connait.

A l’inverse y a-t-il des scènes justement qui ont été dures à raconter ?

Il y en une en particulier c’est quand Maya se fait enlever son bébé. C’était tellement horrible, en tant que maman, on transfère immédiatement ses émotions dessus. C’était insupportable à regarder. J’ai fait une chose que je ne fais jamais c’est de l’anthropomorphisme. Je m’y refuse catégoriquement mais là c’était impossible. En plus je suis très bon public, je me laisse facilement émouvoir. J’ai dû refaire cette scène plusieurs fois parce qu’on entendait ma voix tremblotait.

Comment vous êtes-vous préparé pour la narration. Est-ce que vous aviez vu le film avant ?

Absolument pas. J’ai découvert le film le jour où je suis arrivée au studio pour faire la voix off. Je l’ai découvert en direct. J’ai cherché la voix longtemps pour être au plus proche de ce que je ressentais et de ce que voulait dire le réalisateur parce qu’il n’était pas question d’imposer un rythme. J’avais peur de ne pas trouver le ton juste, d’abimer un peu par ma voix la beauté du film donc j’y suis allée très doucement.

Au-delà d’une simple histoire animalière, le documentaire véhicule un message assez écologique. Est-ce que vous pensez que ce genre de film peut avoir un impact important sur les consciences ?

C’est la seule façon de donner envie aux gens de protéger parce qu’ils vous émerveillent. Ma conscience écologique est née en regardant des films comme le Grand Bleu, les films du Commandant Cousteau, la Marche de l’Empereur parce que c’est tellement beau. Ça n’assène aucunes vérités péremptoires, ce n’est pas fait pour nous culpabiliser mais pour raconter une belle histoire. Et en même temps ça nous renvoie à ce que l’on a fait. Qu’est-ce qui s’est passé ? La scène dans la ville est intéressante parce qu’elle nous pousse à nous demander « Comment on en est arrivé à ce qu’ils finissent dans la ville ? » Ce n’est pas chez eux mais on leur a tellement détruit leur environnement naturel, qu’on les a poussé à venir dans la ville pour se nourrir alors qu’ils n’ont rien à y faire.

Si Disney vous proposait à nouveau l’expérience Disney Nature…

Je dirais oui immédiatement. Évidemment. C’est tout ce que j’aime. Je ne vois pas comment on peut dire non à ça. C’est un plaisir, on apprend plein de choses, j’ai rencontré des gens extraordinaires qui m’ont tellement appris. Et quand je vois que des gens font des films comme ça, je me dis que ça va allait, on va s’en sortir.

 

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La Sheldon Cooper d’ITC autant barrée que mordue de SF, conçue comme un patchwork de la culture anglo-saxonne avec un grand faible pour l’inconnu et les projets indépendants. Disciple de Daria Morgendorffer, l’écriture est ma religion.

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