[Critique] Queen and Country, candide Boorman

La participation de Queen and Country à la Quinzaine des réalisateurs cannoise donne une idée du retour aux sources effectué par John Boorman, 81 ans. Au milieu d’une sélection de jeunes réalisateurs, le cinéaste filme avec un amusement juvénile ses années de service militaire et la désobéissance passive qui l’a accompagné.

Pour l’épauler, il fait appel à un duo d’acteurs à l’alchimie convaincante, même si la boulimie expressive de Caleb Landry Jones en limite parfois la fraicheur. Épousant parfaitement les courbes d’une malicieuse ironie, Boorman filme avec la plus grande simplicité ce récit faussement innocent et pourtant tendrement attachant. En terrain connu, il semble se réjouir de faire revivre une innocence passée.

Plus adroit encore, Boorman laisse poindre ici et là la réalité d’un conflit qui n’aura atteint ni une hiérarchie mondaine ni une caserne isolée de l’horreur guerrière. La candeur première se teinte même d’une gravité plutôt poignante, jusque dans un dernier plan absolument parfait. Et si l’on excepte une romance faussement compliquée et réellement irritante, on obtient un long-métrage revigorant. Bonne pioche.

Queen and Country sort le 7 Janvier 2015 en salles.

Avis

7,5 À voir
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