[Critique] Paris n’existe pas et le super-souvenir

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Paris n’existe pas, sentence qui touche à une forme de lapidation métaphysique, comme une sorte de terminus existentiel. C’est aussi une formule quasi-surréaliste, ce qui n’étonnera guère ceux qui connaissent un peu Robert Benayoun, artisan du long-métrage. Cinéphile majeur ayant construit le Positif d’aujourd’hui, Benayoun était un défricheur des ponts reliant les arts entre eux, connectant Walt Disney avec la peinture contemporaine.

Très riche, son premier long-métrage présente Simon, peintre en mal d’inspiration, qui se découvre la faculté de naviguer dans le passé et ses multiples souvenirs. Son don est autant un enivrant pouvoir qu’un élément perturbateur dans son couple, chose illustrée aussi bien par de multiples trouvailles visuelles (surimpressions, stop-motion) que par des échanges dialoguées aux sens multiples.

Sorti en 1969, Paris n’existe pas est une œuvre précieuse, maladroite à n’en pas douter mais truffée d’interrogations existentielles qui sont aujourd’hui percutantes, comme cette inquiétante course au zapping mémoriel. Vif et curieux, le long-métrage est un essai qui mérite d’être redécouvert pour sa richesse interne, touchant l’art et la vie.

Paris n’existe pas est disponible en DVD depuis le 6 Novembre cthez Zylo.

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