Super Mario Galaxy le Film est la suite du carton planétaire de la première adaptation en film d’animation de la mascotte de Nintendo. Le fameux plombier moustachu et la princesse Peach embarquent ainsi dans une nouvelle aventure galactique encore plus généreuse techniquement, mais fondamentalement malhonnête dans ses intentions.
Super Mario Galaxy constitue sans nul doute l’acmé qualitatif de la franchise la plus lucrative de Nintendo ! Deux opus sortis sur Wii explosant les possibilités de game design et de gameplay de la saga Mario, évoluant dans des niveaux constitués de diverses planètes plus ou moins amples en terme de terrain. Un festival de créativité à toute épreuve, que même un Super Mario Odyssey n’a pas complètement surpassé ces dernières années !
Let’s a go again
C’est donc avec la plus grosse des excitations que nous attendions cette suite au carton planétaire que fut le premier film Super Mario Bros produit par le studio français Illumination (Moi Moche et Méchant, Les Minions). Pour autant, derrière le respect du lore et un visuel extrêmement travaillé, cette plongée dans le Royaume Champignon face à Bowser affichait plutôt des ambitions de produit dérivé XXL plutôt que d’adaptation réfléchie. Le spectacle restait au moins au rendez-vous, tout comme son aspect doudou.

© Illumination
Super Mario Galaxy le Film débute à l’Observatoire de la princesse Harmonie, un gigantesque vaisseau spatial peuplé par les Lumas. Malheureusement, Bowser Jr. débarque à bord de sa soucoupe volante et capture la maîtresse des lieux dans le but de libérer son père et de régner sur l’univers. Au Royaume Champignon, Peach reçoit ainsi un message de détresse de la part d’un Luma : la princesse va ainsi s’engager à retrouver Bowser Jr. en compagnie de Toad, tandis que les frères Mario vont partir à sa trace.
Bref, un postulat de base dans les clous de la franchise, propice à un dépaysement total et une aventure défiant les lois de la gravité… Du moins là est la théorie, car il ne faudra pas longtemps pour se rendre compte que Super Mario Galaxy le Film décuple les problèmes du précédent métrage ! Pourtant, l’exposition des enjeux se fait de manière claire et avec maîtrise, réintroduisant les figures connues et laissant aussi de la place aux nouvelles têtes.
Un festin de technicité visuelle
Et à ce titre, les 20 premières minutes de ce Super Mario Galaxy se veulent les plus plaisantes, véritable profession de foi vis-à-vis du talent des artistes d’Illumination. D’un combat iconisant parfaitement les capacités d’incantatrice d’Harmonie à un passage hérité des dunes de Super Mario Odyssey pour présenter Yoshi (séquence flash-back comique réussie en bonus), cette suite affiche un respect total concernant l’iconographie de la franchise !

© Illumination
Bref, techniquement tout est encore une fois soigné, et la rétine du spectateur néophyte ou du fin connaisseur de l’héritage de Big N se retrouvera chatoyée jusque dans une impressionnante séquence où le Château de Peach se retrouve embarqué dans l’espace avant de s’effondrer. Malheureusement, c’est après l’implantation de ses graines narratives que Super Mario Galaxy le Film affiche sa fainéantise défiant toute logique.
« Mais on joue pas à Super Mario pour le scénario » baragouinera la plus vile des langues, occultant délibérément l’existence d’une œuvre comme Arcane (modèle du genre et adaptée d’un jeu compétitif en ligne), ou même le génie de la franchise Mario. En effet (et c’est d’autant plus flagrant sur les opus Galaxy), les aventures du plombier moustachu se caractérisent avant tout par un sens aigu de l’aventure, de la découverte de nouveaux biomes, de l’émerveillement face à la succession d’inconnues, et surtout d’un sens héroïque (et vidéoludique) profond dans la capacité de chacun à surmonter chaque épreuve apparente.
Scénettes sans vrai fil rouge
C’était déjà une faiblesse du précédent film, et Super Mario Galaxy le Film abandonne un peu plus tout désir de déroulé logique ou progressif. Troquant les expérimentations physiques et la virtuosité totale du level design du matériau source, le métrage se contentera d’enchaîner les scénettes, préférant avancer de manière bourratif au rythme des easter eggs à l’écran ! Et du clin d’œil, on peut dire qu’il y en a pléthore : certains plus fugaces et réussis (allant de sublimes réorchestrations des thèmes cultes au bestiaire ou en passant par R.O.B le compagnon robot de la NES), d’autres majoritairement putassiers…

© Illumination
On pensera surtout à Fox McCloud (bénéficiant d’un impeccable doublage par Glen Powell en VO), héros de la série StarFox avant tout présent pour teaser un spin-off solo plutôt que pour être traité comme un véritable pion au sein de la dramaturgie globale (tous les personnages secondaires ou presque n’existent qu’à travers leur présentation). Et là est le problème de ce Super Mario Galaxy le Film, alors que tout s’enchaîne sans réelle fluidité autrement que par un foisonnement de séquences faisant écran pour chatouiller le fanboy listant tout ce qu’il a pu entrevoir manette en main. Un constat largement amer, surtout lorsqu’on se rend compte que l’essentiel du récit prend place dans un hub cloisonné et dans un décor forestier sans un seul gramme d’inventivité : cette suite aurait tout aussi bien pu se dérouler au Royaume Champignon qu’on y aurait vu que du feu !
Loin de l’inventivité du matériau source
Pire : le métrage est un mauvais Super Mario Galaxy, alors que les personnages ne rencontrent aucune difficulté face à l’adversité (il suffira de voir la séquence de combat de Peach dans un casino). Pourtant, Bowser Jr. offre par instants quelques moments parfaitement scénographiés en terme de combat acrobatique. Pour autant, cet antagoniste se veut le reflet du je-m’en-foutisme ambiant, préférant la blague et la légèreté de chaque instant plutôt que l’incarnation : on est ainsi très très loin de la créativité typiquement nippone de la franchise !
Une standardisation donc, jusque dans le dernier baroud d’honneur de Super Mario Galaxy le Film : une séquence clin d’œil de parcours de plate-formes se concluant par un déluge de power ups à l’instant T aussi vite qu’il a débuté. On ressort de là avec l’impression qu’1h30 riche en couleurs vient de nous titiller là où ça fait du bien, sans réellement développer ou exploiter quoi que ce soit. On retiendra la fabrication impeccable, le respect visuel total de l’univers et une poignée de séquences techniquement impressionnantes. Mais la question demeure : n’est-ce vraiment que ça Super Mario ?
Super Mario Galaxy le Film est sorti au cinéma le 1er avril 2026
avis
Super Mario Galaxy le Film cache sa vacuité narrative derrière son impeccable vernis visuel, respectant l'iconographie chatoyante de la franchise de Nintendo ans réellement comprendre la substance de ce qu'il adapte. En résulte une aventure encore plus lâche que son prédécesseur malgré une poignée de séquences ludiques. Mais derrière son festival facile de clins d’œil, difficile d'y voir une adaptation réussie des chef-d’œuvre vidéoludiques sources. Carapace rouge !
