Critique Roma : l’intimité mutique d’Alfonso Cuarón

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Roma est, tous les cinéphiles le savent désormais, le film qui doit faire passer Netflix dans une autre catégorie : noir & blanc superbement racé, oeuvre intime 100% mexicaine, auréolée d’une Mostra italienne prestigieuse et de rumeurs d’Oscars… Et puis surtout, voilà le nouveau film d’Alfonso Cuarón, metteur en scène de génie, auteur rare qui dévoile ici une part autobiographique de son enfance sur le territoire mexicain.

La solennité en porte étendard. Arrivé en ses derniers points de suspension, Roma se révèle être un témoignage intime, mutique, quasi rêche, de la force et du courage de femmes contre qui tout se joue. L’approche presque documentaire de Cuarón fait naître des pousses d’onirisme plus secrètes qu’attendues, comme si le cinéaste se refusait à tout emphase et tout débordement. On pourra trouver ça chiant, nous on trouve ça digne, quoiqu’un peu difficile d’accès.

La parabole politique par parcimonie. Dans le décollage d’un avion ou lors d’une terrifiante séquence d’émeute, Cuarón remue et interroge avec amertume sur l’impossible réconciliation des classes et des personnes qui les composent. Le cinéaste laisse deviner les murs qui se dressent au coeur du pays, invisibles à l’oeil nu, mais régissant tout en coulisses, pour les années à venir. Là, la beauté du film se révèle, bien après la séance, lorsqu’on y songe un peu.

Roma sera disponible sur Netflix le 14 décembre 2018.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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