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Critique Présumé innocent (saison 1) : Anatomie d'une descente aux enfers
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Critique Présumé Innocent saison 1 : anatomie d’une descente aux enfers

Rosalie Grand d'Esnon Rosalie Grand d'Esnon21 juin 2024Aucun commentaireIl vous reste 4 minutes à lireUpdated:10 février 2026
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Avec Présumé Innocent, mini-série de David E. Kelley qui fait renaître le thriller éponyme des années 80, la plateforme Apple TV + continue d’étoffer son impressionnant catalogue de série.

L’art de l’adaptation est une source infinie d’inspiration. David E. Kelley s’essaie ici à cet exercice en reprenant le film d’Alan J. Pakula, Présumé Innocent, sorti en 1980 qui est lui-même l’adaptation du roman de Scott Turow. Portée par Jake Gyllenhaal dans le rôle principal et Renate Reinsve dans le rôle de Carolyn, Présumé Innocent est l’anatomie de la descente aux enfers d’un procureur des plus respectables.

Un personnage au bord de l’explosion 

Jake Gyllenhaal a une carrière jalonnée de rôles difficiles, de psychopathes, de figures marquées par des soucis psychologiques. En effet, l’acteur incarne régulièrement des personnages torturés, livrant des performances souvent renversantes. De fait, le visage de Jake Gyllenhaal se fait le canevas d’une palette d’émotions qui ne cessent de nous toucher en plein cœur. Dans Présumé Innocent, Rusty Sabich perd le contrôle de sa vie, et Jake Gyllenhaal se fait l’incarnation parfaite de cette descente aux enfers. 

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Sabich est père de famille, amoureux de sa femme interprétée par Ruth Negga, Barbara Sabich, une épouse démunie mais habitée par l’espoir. Mais malgré cette vie en apparence si rangée, toute la vie de Rusty Sabich prend un vertigineux virage, droit dans le mur. Gyllenhaal campe un rôle électrique, constamment au bord de l’explosion. En effet, le jeu de l’acteur se fait dans une retenue absolue à tel point que la tension qui habite Sabich nous saisit à la gorge. Boule nerveuse qui essaie constamment de se retenir, Jake Gyllenhaal oscille entre personnage extrêmement touchant et personnalité trouble, qu’on ne parvient jamais à saisir totalement. 

Où est la vérité ?

La série est sans conteste portée par un casting grandiose : Peter Sarsgaard aux côtés de Jake Gyllenhaal, incarne ce procureur qu’on a juste envie de gifler tant il est monstrueusement atroce. En effet, le flegme naturel de l’acteur apporte considérablement à ce rôle, il dégouline d’une sorte de mépris naturel à en donner la chair de poule. Il est ce personnage qu’on méprise de toutes les fibres de notre être. Et c’est en cela que l’acteur est toujours aussi incroyable dans son rôle. 

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Cet avocat du Mal est aussi celui qui dissémine le doute. Il est celui qui accuse et qui remet tout en question. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’on le déteste. Force est de constater qu’au fur et à mesure de la série, le doute balaie tout et se transforme en une tempête destructrice des vies de tous ceux qu’elle touche. Autrement dit, Sarsgaard introduit cet élément qui fait tout basculer et ainsi s’ouvre le tourbillon du mensonge dans lequel se noie la vérité. 

Série coup de poing 

Si les films et séries de procès ont le vent en poupe depuis quelques années c’est parce que les salles des tribunaux sont le théâtre du déchaînement des passions humaines. Et il faut avouer que lorsque tout cela est parfaitement maîtrisé, c’est juste génial. Présumé Innocent est une série qui prend à la gorge. Dès le début, le scénario qui semble se dérouler dans une linéarité parfaite est immédiatement balayé. En effet, très vite cette histoire apparemment prévisible devient totalement hors de contrôle. Dès lors, on ne cesse de se demander jusqu’où l’histoire va aller .

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Autant par la tension des acteurs que par le montage ou la mise en scène, Présumé Innocent, est le spectacle d’un lâcher prise non maîtrisé. Et c’est terrifiant. On a l’impression de voir un piège malsain se refermer sur les personnages. Ainsi, la salle de procès devient le lieu d’un théâtre macabre où c’est juste notre curiosité morbide qui continue de parler, on a envie de savoir. Tout est fait pour saisir le spectateur et l’enfermer dans un univers étouffant dont on a pas envie de sortir, pas avant de savoir la vérité. 

La mini-série de David E. Kelley en huit épisodes est le récit d’une vie brisée. Entrelacement élégant d’enjeux de pouvoir sur un fond de politique et de relations amoureuses difficiles, Présumé Innocent est une série à voir absolument et qui confirme la force de frappe de la plateforme Apple TV quant à son catalogue de série. 

Présumé Innocent est diffusé sur la plateforme Apple TV + depuis le 12 juin

Avis

9.0 Suffocant

Présumé Innocent est une série qui en appelle à notre besoin compulsif de savoir la vérité. Un véritable coup de poing à ne pas manquer, autant pour le jeu d’acteur que pour la maîtrise d'une mise en scène étouffante.

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