De 1945 à 1946, les hauts dignitaires du régime nazi sont traduits en justice à Nuremberg devant un tribunal constitué des Alliés. Un évènement marquant de l’après-guerre au niveau juridique et historique. Avec le long-métrage Nuremberg, James Vanderbilt fait la chronique ratée et superficielle du procès du siècle.
Avec Nuremberg, film fleuve de près de deux heures et demie, James Vanderbilt s’attaque au procès historique des dignitaires nazis. Le résultat en est une chronique ratée, bien trop bavarde qui finit par ne rien raconter.
Récit superficiel du procès du siècle
Un bref point historique s’impose. Le procès de Nuremberg est un évènement marquant du vingtième siècle. Aussi bien par la complexité de sa mise en place, que par la première mise en application d’un condamnation pour « crime contre l’humanité ». Ce procès, d’une ampleur mondiale, s’est déroulé du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946. On parle donc ici de près de 20 mois au tribunal. C’est également la première fois qu’un procès a été filmé. Fiction oblige, la temporalité dans Nuremberg paraît bâclée, de l’ouverture du procès au verdict, on a l’impression que 3 jours se sont écoulés. D’ailleurs, ce fameux procès met un temps infini à se concrétiser à l’écran, comme si ce n’était pas ce dont on parlait.

Quand on est enfin dans la salle du tribunal, on s’attend à entrer dans le vif du sujet. Mais non. Les discussions élaborent à la perfection l’art de parler pour ne rien dire. L’audience la plus longue est celle d’Herman Goëring (Russel Crowe). Au moment du procès, il est le plus haut représentant du régime Nazi. Et si sa confrontation avec Robert Jackson (Michael Shannon), juge à la Cour suprême américaine, est annoncée comme « le grand affrontement » de Nuremberg, elle est plate à mourir. Les personnages déblatèrent sur la mauvaise traduction d’une phrase dans une lettre signée par Goëring. C’est tout. Cette tiédeur est d’autant plus frustrante qu’elle restreint le jeu de Russel Crowe. Malgré un accent allemand ridicule, on aurait bien aimé voir un peu plus l’acteur développer ce rôle terrifiant qui lui sied à merveille.
Psychologie de comptoir
On l’avouera, Nuremberg prend aussi pour sujet le travail du psychiatre américain, Douglas Kelly. Sur le papier, pourquoi pas. Cet angle permettrai d’aborder le genre de question qu’on se pose tous, que s’est-t-il passé dans le cerveau de ces hommes… Dans le film, Douglas Kelly (Rami Malek) s’entretient longuement avec Herman Goëring. Du début à la fin, on assiste à de la psychologie de comptoir. Aucune des discussions n’a d’intérêt, aucune conclusion n’est apportée. Kelly et Goëring parle de tout et de rien, et de temps en temps, d’Hitler et de la Shoah. On est pourtant bien en train de regarder un film qui s’appelle Nuremberg.

Cette superficialité s’accompagne d’un aspect bien trop scolaire. On l’a dit, les audiences à Nuremberg ont été filmées. James Vanderbilt s’est donc attaché à reproduire à l’exactitude la mise en place du tribunal, jusqu’au célèbre moment de la projection du film sur les camps de concentration. Si le devoir de mémoire est indéniable et absolument nécessaire, cette scène pose question dans le film. Lors du procès, la défense a choisi d’avancer cette projection pour raviver l’intérêt des journalistes terni par la durée du procès. Et surtout, pour déstabiliser les accusés. Seulement, dans Nuremberg, la séquence est longue, s’éternise. On a l’étrange impression que le cinéaste ne sait pas quoi raconter, alors il comble avec de vraies images pour choquer.
Nuremberg de James Vanderbilt a trop les allures d’un blockbuster américain. A grand renfort d’une musique un peu trop inspirée par Hans Zimmer, le tout en est une chronique bien tiède qui manque cruellement de profondeur.
Nuremberg de James Vanderbilt est en salle le 28 janvier 2026.
Avis
Nuremberg de James Vanderbilt est une grosse déception. Malgré un sujet passionnant, le cinéaste ne parvient pas à en montrer sa complexité. Il reste très en surface du procès le plus marquant de l’après-guerre.


Un commentaire
Le critique de l’Info Tout Court n’a strictement rien compris à ce film. Il ne traite pas in extenso du procès de Nuremberg, mais de l’analyse psychiatrique des nazis, menée par le Dr Douglas Kelley, l’étoile montante de la psychiatrie américaine et spécialiste de la détection des mensonges. Il est pionnier dans l’utilisation du penthotal (sérum de vérité) et autres substances chimiques. Evidemment, peu de gens ont lu le livre de Douglas Kelley, qui sortira dans 2 à 3 semaines en français. En fait, ce que nous explique ce film, c’est que ces épouvantables criminels, responsables de millions de mort, étaient des hommes (et des femmes) qui paraissaient rationnels et normaux sur le plan psychiatrique. Douglas Kelley alerta sur le risque que les Etats-Unis basculent dans le fascisme… En 2026, avec Trump est son équipe, Kelley était prémonitoire de 80 ans !!
Ceci dit, le film est très, les acteurs sont excellents et cette histoire est parfaitement respectée.