Nouveau spin-off de l’univers de Game of Thrones, A Knight of the Seven Kingdoms adapte les nouvelles Tales of Dunk & Egg de George R.R. Martin. Une série au format plus court, plus libre dans son ton, mais toujours de qualité. Oui, il y a encore de belles choses à Westeros malgré la noirceur de son univers !
Même si Game of Thrones s’est conclue il y a bientôt 7 ans, le spectre de l’univers de Westeros plane encore sur le monde de la TV. Et tandis que la préquelle House of the Dragon va aborder sa 3e saison, HBO s’affaire à produire 3 saisons de A Knight of the Seven Kingdoms. Un nouveau-spin-off, se déroulant 72 ans après que la maison Targaryen se déchire dans House of the Dragon, et 90 ans avant que le retour des Marcheurs blancs ne menace Westeros dans Game of Thrones.
Les Contes de Dunk & Egg
Une petite bulle narrative qui s’inscrit dans la grande histoire des Sept Couronnes, et qui adapte également une œuvre de George R.R. Martin : Tales of Dunk & Egg, trois nouvelles (sur une douzaine de prévues mais connaissant GRRM on est pas prêt d’en voir le bout..) contant les pérégrinations d’un chevalier et de son écuyer.

A Knight of the Seven Kingdoms adapte donc avec cette Saison 1 au format plus court (6 épisodes de 30-40 minutes) la première nouvelle intitulée « The Hedge Knight » (Le Chevalier Errant). S’ouvrant sur un plan léché d’enterrement, le show nous présente Dunk (Peter Claffey), écuyer réglant ses hommages à son défunt maître Arlan de Pennytree. Récemment chevalier, Dunk va s’engager dans un tournoi de chevaliers à Ashford.
Son objectif : se faire repérer par un Seigneur afin d’intégrer sa garde et devenir un grand chevalier protégeant Westeros. Une mission noble, mais qui va se voir rapidement compliquée alors qu’il va former un duo étonnant avec « Egg » (Dexter Sol Ansell), un enfant vagabond secrètement issu de la noblesse… Les choses vont malheureusement se corser lorsque Dunk s’attirera les foudres d’un certain prince Aerion Targaryen (Finn Bennett).
Identité qui se démarque
Ce qui détone immédiatement au premier abord dans A Knight of the Seven Kingdoms est sa propension à complètement assumer sa propre identité marquée. Certes, nous somme à Westeros, mais l’œuvre n’hésite pas à opérer des ruptures brutales et bien senties. On pense immédiatement à cette séquence introductive bien solennelle, suivie de quelques notes évocatrices du Main Theme de Game of Thrones par Ramin Djawadi…. avant que le montage ne coupe cet élan de manière abrupte par un plan diarrhéique de notre héros !
Par ce simple procédé, le show assume sa propre voie (la BO médiévale est signée Dan Romer), et propose d’étonnantes saillies humoristiques parfois héritées des Monty Python. Un aspect plus léger en quelque sorte pour les deux premiers épisodes, mais qui n’annihilent jamais le poids des enjeux de Dunk, impeccablement campé par un Peter Claffey surprenant de justesse pour ce qui est de tenir l’équilibre entre protagoniste gauche et valeureux.

De quoi encapsuler à lui seul la profession de foi d’A Knight of the Seven Kingdoms, se centrant avant tout sur le quidam et les laissés pour compte. La seigneurie a évidemment son rôle à jouer, mais il y a quelque chose d’extrêmement rafraîchissant à voir les strates les plus inférieures de la plèbe défier les plus grandes autorités, uniquement motivées par leur pureté d’intention et la volonté d’un monde meilleur. Comment l’héroïsme peut-il triompher dans un univers aussi gangrené par la violence et l’infâme ? Un leitmotiv de conte qui infuse dans chaque aspect de la dramaturgie de cette Saison 1.
Entre légèreté et brutalité sans nom
A Knight of the Seven Kingdoms s’apparente donc à un récit plus linéaire que ses grandes sœurs, mais amenant progressivement une réelle intensité dans ses enjeux. La mise en scène globale d’Owen Harris (San Junipero) et de Sarah Adina Smith (Lessons in Chemistry) se veut d’ailleurs plus libre en terme d’effets (blockings, panotage, vues à la première personne..). Le tout culminant dans un superbe épisode 5 extrêmement violent, conjuguant flash-back émotionnel et pugilats médiévaux viscéraux. Un climax d’exception, où on se demande si on a déjà vu des combats en armure aussi bien mis en scène !

Bref, A Knight of the Seven Kingdoms réussit son pari, et si l’épisode 6 concluant cette Saison 1 pourrait avoir un arrière-goût de trop peu, force est de constater qu’HBO réussit à nouveau le pari d’investir l’univers de George R.R. Martin via cette adaptation rigoureuse, incarnée et très bien fabriquée. Une très bonne bouffée d’air frais, dont on attend déjà la suite pour suivre les pérégrinations de Dunk & Egg à travers Westeros !
A Knight of the Seven Kingdoms sera diffusé à partir du 19 janvier 2025 sur HBO Max
avis
Derrière une dimension moins ample de son récit, A Knight of the Seven Kingdoms adapte Dunk & Egg avec une identité assumée démarquant immédiatement la série de ses consœurs au sein de l'univers de Game of Thrones. En résulte une proposition aussi charmante que drôle, aussi émotionnelle que brutale... un très bon voyage (encore un) à Westeros en somme !
