[Critique] A Cappella, chanter l’uppercut

Evidemment qu’en s’attaquant à un fait divers sordide survenu en pleine Corée du Sud et en épousant le point de vue de la victime, on pouvait légitiment s’attendre à ce qu’A Cappella, premier film de Lee Sujin, agisse comme une sorte d’électrochoc. A l’arrivée, le mot se révèle être bien faible et l’expérience d’une vertigineuse puissance.

Cette dernière rejaillie de la lumière que projette le réalisateur sur un malheur en premier lieu voilé et sur sa victime passionné de chant. Gorgé d’un espoir souffreteux, A Capella laisse vibrer l’âme à vif de son personnage et distille une possible renaissance dans un pays gangrené par des traditions pernicieuses. Avant qu’une séquence d’une violence inouïe vienne bouleverser ce fragile équilibre.

Dès lors, le récit amorce sa lente descente aux enfers et le spectateur ne peut qu’être bouleversé par le resserrement d’un étau qu’on balancerait bien à la poubelle. Lee Sujin ne nous en épargne rien et ce qui commençait innocemment mute en un éprouvant portrait d’une horreur réelle. On en ressort l’âme lessivée, rappelé à l’ordre d’un monde qui part parfois bien en vrille. Puissant.

A Cappella sort le 19 Novembre 2014 en salles, après de nombreux prix en festivals.

Avis

8 À voir absolument
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