[Critique] Une femme douce : dans l’antre du loup russe

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Avec Une Femme douce, le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa impose sa marque dans l’esprit de tout cinéphile qui se respecte. Malgré un rythme narratif difficile d’accès, il réussit à dépeindre la société russe de la plus fascinante des manières.

Un conte moderne kafkaïen. C’est l’histoire d’une femme qui cherche simplement à apporter un colis à son mari en prison. Comme pour le petit chaperon rouge, elle entre dans un forêt dangereuse, celle du loup russe. Sauf que dans ce récit le loup a plusieurs visages et vit dans une bourgade dont les principales activités économiques sont liées à la présence de la prison. Au folklore russe se mélange un réalisme glaçant d’enfer administratif, de patriarcat et d’égoïsme.

Une réalisation sublime. Peut-être parce qu’il est également documentaliste, Sergei Loznitsa utilise majoritairement des plans longs avec une caméra qui se déplace délicatement entre les personnages afin de saisir des brides de conversation. De plus, il fait particulièrement attention à rendre ce qui se passe hors-champ aussi vivant que ce qui se passe dans le cadre. Tout ce perfectionnisme dans les détails donne au film un style unique et en fait une grande œuvre de cinéma.

Retrouvez tous nos articles consacrés au 70e Festival de Cannes ici.

Une femme douce sort le 16 août 2017 en France et a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2017.

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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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