Week-end de terreur déploie un huis-clos oppressant et maîtrisé. De la maison farceuse aux meurtres en rafale, qui en réchappera vivant ?
Week-end de terreur nous embarque sur une île reculée, parmi une bande de jeunes nunuches. Les amis se rendent passer quelques jours dans le manoir de la riche héritière Muffy StJohn. Les hasards du calendrier nous situent au week-end précédant le premier avril (d’où le titre original du film, April fool’s day). Dans la tradition de la journée internationale de la farce, Muffy truffe la maison de farces et attrapes pour effrayer ses comparses. Pourtant, la situation dégénère rapidement. Un tueur en série s’en prend au groupe. Qui survivra aux griffes de la nuit ?
La maison aux esprits
Week-end de terreur sort en 1986, durant une période de creux pour le genre slasher, entre Halloween (1977) et le résurrecteur du genre, Scream (1996). Ce timing peu propice n’effraie pas la Paramount, qui confie la réalisation de ce titre horrifique à Fred Walton. Il faut dire que le film ne prend pas de grands risques. Il se place dans la droite tradition du genre, en appelant une bande d’idiots (ils meurent plus facilement). Ou encore, se déploie dans un lieu reculé, si possible avec le moins de liens avec l’extérieur (il ne faudrait pas qu’ils joignent les secours trop vite). Et voilà que les bases de Week-end de terreur sont assurées.

Entre les murs du manoir cossu, le film instaure astucieusement une atmosphère fantastique, en prenant habilement possession des lieux. La maison devient vite le terrain de jeu expérimental d’un tas de farces rigolotes en tant que spectateur, mais franchement flippantes pour les malheureux qui en font les frais. Imaginez, éteindre le plafonnier, et c’est le lampadaire qui s’allume à la place. Ou, après une journée harassante, un haut parleur caché dans votre penderie joue une cassette de bébé qui pleure. Vos amis seraient-ils si malveillants ? Ou quelqu’un se terre dans l’ombre, vous épie, puis vous assassine ? Rapidement, Kit et Rob sont les seuls survivants et partent à la traque du tueur.
À la fin, il n’en restera qu’un
La menace qui plane sur la maisonnée crée très rapidement une atmosphère angoissante puis oppressante. La mise en scène et la bande-son taillées pour épouvanter portent des séquences terrifiantes, comme celle de la tête qui flotte au fond du puits. Elles font rapidement comprendre que le danger guette à tous les recoins. C’est tendu et tous les sens en alerte que le spectateur passera la plupart du film. Que la sensation sera agréable, lorsque vous sentirez tous vos muscles relâcher la pression au sortir de la séance.

Week-end de terreur est court, une heure trente, mais condense particulièrement bien son propos. Il ne perd pas de temps en narration inutile, on a juste besoin de savoir que les jeunes picolent et ont les idées dans le caleçon, ni en montée en puissance laborieuse. Dès ses premières minutes, les effusions de sang maculent l’écran et la maison farceuse ne fait plus rire, mais fout sévèrement les jetons. Le film nous ramène à nos peurs primaires. Peur du monstre derrière la porte, peur du noir, peur du paquet-cadeau trop ostensiblement posé sur le lit. De l’épouvante pure et dure, bien qu’il aurait pu pousser un peu plus loin le concept de la maison farceuse.
Manoir hanté
Ainsi, Week-end de terreur montre qu’un film efficace n’a pas besoin de révolutionner les codes du genre. Sorti dans une période de vache maigre pour le slasher, il remplit son rôle avec efficacité. Tout en reprenant les poncifs du sous-genre, le concept de la maison farceuse accroche et tire son épingle du lot. Enveloppé d’une réalisation qui décuple les sensations fortes des scènes sanglantes, le film se range avec panache dans la catégorie épouvante. On espère seulement que vos amis ne sont pas aussi machiavéliques que Muffy. Car la vérité, c’est qu’il n’y a pas de tueur fou sur l’île : c’est le retournement de situation final. Aidée de ses acolytes, elle a mis en scène cette série de meurtres avec des poches de faux sang et des têtes en caoutchouc pour foutre les jetons à Kit et Rob.
Week-end de terreur, initialement sorti en 1986, a été réédité en DVD et Blu-Ray le 16 janvier 2026 par les Éditions Rimini. Ce coffret comprend en outre, un livret de 24 pages écrit par Marc Toullec et une présentation du film par Mylène da Silva.

Avis
Week-end de terreur mobilise efficacement les codes du slasher pour livrer un film de pure épouvante. Un tueur en série sème la terreur dans un manoir isolé; chacun lutte pour sa survie dans cette mare de sang. Une bonne réalisation, l'idée ingénieuse de la maison truffée de farces et attrapes ainsi que le retournement de situation final en font un film efficace.

