Adaptée de Game Changers, Heated Rivalry arrive sur HBO Max auréolée d’un fort engouement. La série déçoit pourtant, malgré un épisode remarquable. On vous dit pourquoi.
Diffusée en France à partir du 6 février 2026 sur HBO Max, Heated Rivalry adapte principalement Rivalité brûlante, deuxième tome de la saga Game Changers de Rachel Reid. Créée par Jacob Tierney, la série suit sur plusieurs années la relation secrète entre deux joueurs professionnels de hockey, Shane Hollander et Ilya Rozanov. Rivaux sur la glace, amants hors caméra, ils vivent une romance supposément interdite, tiraillée entre désir, carrière et exposition médiatique. Sur le papier, la promesse intrigue. Cependant, à l’écran, elle s’essouffle rapidement.
Une saison qui patine
La série démarre de façon abrupte. Elle plonge immédiatement dans la relation, sans poser de véritable contexte émotionnel. Notamment pour Shane Hollander, pourtant confronté à une première relation homosexuelle. Les épisodes 1 et 2 enchaînent les scènes intimes et les rencontres répétitives, au détriment de la construction narrative.
Connor Storrie (notamment aperçu dans Joker, folie à deux) parvient à faire exister Ilya Rozanov. Il se montre d’abord désinvolte et provocateur face à un Shane tourmenté. Mais peu à peu, on comprend que c’est un mécanisme de défense, une arrogance de façade pour se protéger. Il gagne progressivement en sensibilité et en vulnérabilité. Et dévoile peu à peu ses failles, ses peurs. Il craint un père haut-gradé qui n’acceptera jamais l’homosexualité de son fils. Et encore plus le sort que lui réserverait la Russie. Pour Ilya, c’est sa liberté et sa sécurité qui sont en jeu face à un climat de répression. Son secret est une question de survie. C’est d’ailleurs dommage que ce sujet soit à peine effleuré.
Hudson Williams (Tracker) en revanche, reste trop lisse en Shane. Son personnage est introverti, rigide, voire parfois agaçant. Il manque d’expressivité et on ne s’attache pas à lui. Ce qui limite l’alchimie du duo. La série trouve un peu plus de tenue dans les épisodes 5 et 6, sans jamais réellement décoller.
Scott Hunter brise la glace
Heated Rivalry évoque l’homosexualité dans le sport professionnel, mais sans réellement l’explorer. La peur du coming out, la pression familiale et médiatique, ou encore le poids des institutions restent en arrière-plan. Le propos social se dilue dans un déséquilibre constant entre scènes sexuelles et intrigue.
Une exception notable s’impose pourtant : l’épisode 3, centré sur Scott Hunter. Interprété par François Arnaud (J’ai tué ma mère, The Borgias), le personnage bénéficie enfin d’une vraie trajectoire narrative. Sa rencontre avec Kip et la tension du secret font naître une empathie immédiate. Contrairement au duo principal, Hunter incarne avec une humanité poignante la réalité de l’homosexualité dans le sport. Son combat intérieur et sa peur d’aimer au grand jour donnent naissance à une véritable intrigue romantique. Le point culminant reste son coming out final : un moment spectaculaire, profondément émotionnel et courageux. En un épisode, la série corrige tous les défauts des autres. Scott Hunter devient alors le personnage le plus juste, le plus incarné, et paradoxalement le plus mémorable de cette saison.
Déjà renouvelée pour une saison 2, adaptée de The Long Game de Rachel Reid, Heated Rivalry promet une relation plus mature entre Shane et Ilya. Cette première saison laisse pourtant un goût amer. Trop répétitive, trop déséquilibrée, elle peine à transformer son potentiel en véritable récit. Sans l’épisode consacré à Hunter, la série aurait sombré sans résistance.
Heated Rivalry (déjà disponible sur Crave) sera disponible sur HBO Max à partir du 6 février 2026.
Avis
Heated Rivalry mise sur la romance et le sexe au détriment du récit. Les personnages avancent peu malgré le passage des années. Seul l’épisode centré sur Scott Hunter donne enfin de l’épaisseur à la série.
