Six mois après le retour de la franchise culte de Danny Boyle et Alex Garland, 28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts s’impose comme l’épisode central d’une nouvelle trilogie. Un opus qui a plus des allures d’intercalaire bonus…
28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts vient inaugurer l’année 2026, seulement 6 mois après le retour de Danny Boyle aux affaires. Un film qui affichait des partis-pris véritablement tranchés, mais qui se révélait fascinant à plus d’un titre dans sa manière de réinvestir l’univers post-apocalyptique imaginé par Alex Garland (Devs, Civil War, Warfare).
Nous y découvrions le parcours initiatique du jeune Spike (Alfie Williams), entre acceptation de la mort, émancipation du père, et les promesses d’un périple plus retors alors que le final du film se concluait avec une curieuse rencontre : celle avec les Jimmy, un groupuscule sectaire mené par leur leader éponyme (Jack O’Connell).
28 minutes plus tard
C’est justement dans ce contexte que 28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts débute, à peine quelques heures plus tard. Après un combat à mort, Spike est admis au sein de la troupe des Jimmy. En parallèle, le film nous emmène également au plus près du Dr Ian Kelson (Ralph Fiennes), alors que ce dernier s’affaire à expérimenter des drogues sur l’alpha Samson (le terrifiant colosse infecté joué par Chi-Lewis Parry).

Ce nouveau segment dans la trilogie « 28 Ans » fait donc à la fois un gros pas de côté, mais aussi quelques pas en avant pour amener d’autres éléments au sein de la mythologie du récit. C’est donc pour cela que tout ce qui touchera au quotidien du Dr Kelson se révélera être la trame la plus intéressante. Poursuivant la nature « Je suis une légende » du scénario confectionné par Garland, cet arc se veut plus méditatif et curieusement drôle à mesure qu’un Ralph Fiennes toujours aussi excellent semble prendre son pied à étudier Samson.
Intercalaire trop long
Bref, une dimension narrative proactive, raccord avec l’ADN de la franchise (avec à la clé de probables réponses sur la possibilité de traiter le virus de la rage), et qui offre de surcroît une étonnante bromance en plus d’un traitement plutôt audacieux du fameux alpha (passant de créature nemesis à personnage central).
Mais là où le bat blesse tiendra dans l’autre versant de ce 28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts, puisant sans trop se cacher derrière ses influences Orange Mécanique pour mettre en avant les affres orchestrés par ce culte en jogging adepte d’infamies envers les autres humains. Un caractère punk assumé, qui fonctionne lors de quelques séquences : on notera un acte central plutôt dérangeant et bien graphique dans une grange, sous forme de rituel tribal où cruauté et violences se conjuguent avec sens.

Pour autant, le métrage passera beaucoup trop de temps en circuit fermé pour nous vendre la folie meurtrière de cette troupe ayant grandi sous le joug d’un faux prophète : Jack O’Connell est tantôt très bon, tantôt dans le cabotinage factice, et la grosse erreur tient sans nul doute dans l’absence de réel focus pour ce qui est de conter ce récit à travers le point de vue de Spike (Alfie Williams reste ainsi trop périphérique en terme d’emphase alors qu’il s’agit du véritable liant de la trilogie).
Focus ambivalent
Des heurts que l’on doit peut-être à la réalisatrice Nia DaCosta (Candyman, The Marvels), qui certes propose une mise en scène globalement carrée, tenue et efficace. Mais le côté expérimental et frondeur de Danny Boyle manque véritablement pour le coup, encore plus pour cet opus intermédiaire. Heureusement, le film trouve son propos au moment du point de convergence final : un climax apocalyptique et rock’n’roll convoquant la puissance des mythes et comment les dogmes religieux peuvent être digérés à des fins personnelles.
Là est tout le propos de ce 28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts, apostrophant le spectateur et ses personnages sur la récupération idéologique. Un sujet qui n’a rien de novateur évidemment, mais qui outre son aspect intemporel et universel, trouve une résonance plutôt singulière dans la manière dont Garland l’incorpore dans son univers post-apocalyptique.

Pas de quoi totalement valider la démarche ceci dit, surtout lors que les divers évènements du film semblent parfois se dérouler dans leur propre bulle (les Jimmy ne rencontrent pour ainsi dire aucun infecté, et découvrent le fameux temple memento mori des années après alors que tout se déroule sur quelques kilomètres carrés) sans tenir compte du world-building pré-établi.
En résulte un épisode singulier tout de même bien qu’imparfait dans sa rythmique, faisant plus office d’intercalaire venant clore un petit chapitre, introduire quelques nouveaux personnages…. et teasant le retour d’un protagoniste culte dans son ultime séquence sous les sonorités de John Murphy ! Rendez-vous dans deux ans pour l’ultime volet derrière la caméra de Danny Boyle !
28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts sort au cinéma le 14 janvier 2026
avis
Plus épisode sériel que véritable chapitre à part entière, 28 Ans Plus Tard - Le Temple des Morts accuse d'un traitement narratif beaucoup trop balourd au rythme étiré. Reste tout de même une fabrication tenue, un Ralph Fiennes toujours aussi excellent, et une dimension complètement singulière dans sa manière de réinvestir le film de zombies !
