Présentées en avant-première absolue lors de l’édition 2026 de Séries Mania, The Best Immigrant et Ethernel se sont fait remarquer par leur concept original et impactant.
The Best Immigrant : qui veut gagner le droit de rester en Flandre ?
Si l’édition 2026 de Séries Mania a fait la part belle aux comédies avec les diffusions de Lucky Luke, The Audacity ou encore Camarades, elle n’a pas été avare en fictions dramatiques. Et les deux programmes qui nous ont particulièrement touchés viennent tout droit de Belgique. La première se nomme The Best Immigrant et pose la question ô combien actuelle : jusqu’où le voyeurisme et la spectacularisation de la détresse des autres peuvent aller ? Dans une réalité dystopique, la Flandre est devenue indépendante et est désormais dirigée par un gouvernement d’extrême-droite, dont l’une des premières mesures est de renvoyer les résidents étrangers vers leur pays d’origine. Qu’importent les raisons originelles de leur immigration.
Mais une poignée d’entre eux se voit proposer un sésame, une chance de ne pas être séparé de leurs enfants ou conjoints “bien nés” : participer à une télé-réalité qui leur permettra d’obtenir un passeport belge. Avant cela, il leur faudra néanmoins prouver au public qui est le meilleur immigrant. Grammaire, géographie, Histoire : les épreuves s’enchaînent au fur et à mesure des épisodes (les deux premiers chapitres étaient présentés lors de la projection). Et à chaque fois qu’un candidat est éliminé, ce n’est pas un potentiel succès qui lui échappe, mais bel et bien la perspective d’une vie meilleure qui se brise.
Télé-semi-réalité
Muna (Jennifer Heylen), professeure de flamand, et son partenaire Jamal (Farouk Ben Ali), enseignant d’EPS, participent en couple à l’émission The Best Immigrant. La première à contre-cœur, ayant anticipé les moqueries et autres brimades que leur aurait réservé la production, le second bien plus volontiers, voyant dans le programme, la possibilité de poursuivre la vie qu’ils ont mis des années à construire.
Entre mise en scène exagérée pour faire monter les audiences, perversité inhumaine de producteurs qui ne jurent que par le sacro-saint audimat et individualisme forcé, The Best Immigrant dénoue habilement les rouages de la télé-réalité et se penche sans détour sur les dérives d’une politique extrémiste (beaucoup trop réalistes pour ne pas inquiéter.)
Ethernel : l’IA pour parler avec les morts
Gros coup de coeur de la sélection 2026 de Séries Mania, Ethernel est une série intelligente et originale qui ne laisse pas indifférente. Dans une réalité alternative, une société de tech a développé des bornes qui permettent aux vivants de communiquer avec les défunts : ETHERNA. Encore faut-il que les vivants retrouvent l’objet transitionnel qui permettra à la technologie d’assurer la communication entre les deux mondes. Le commissaire David Novack (Michaël Abiteboul) appartient à la brigade de police, spécialisée en recherche d’objets transitionnels, qui se sert des bornes ETHERNA pour entrer en contact avec les victimes de morts violentes afin qu’elle puisse les interroer sur les circonstances de leur disparition. David est doué, très doué même, pour retrouver les objets transitionnels des victimes. Aucun ne lui échappe, à l’exception de celui appartenant à sa femme, assassinée quelques années plus tôt dans des circonstances troublantes.
Insatisfait des conclusions de l’enquête, Novack cherche à tout prix, quitte à mettre en péril sa carrière, à élucider ce drame. Une quête obsessionnelle qui va le pousser à jouer avec les limites de la loi. Un comportement cavalier qui va pourtant faire écho chez Lara di Angeli (Edwige Baily), une mystérieuse policière italienne, elle-même en quête d’un objet transitionnel à la valeur inestimable.
À mi-chemin entre le drame d’anticipation et le thriller, Ethernel est une fiction de 6×52 minutes, haletante et nuancée qui pose des questions éthiques face à la montée en puissance de l’IA et la gestion du deuil.
