Un service gagnant sur la forme, mais un manque de souffle sur le fond : Mario Tennis Fever rate de peu le Grand Chelem.
L’annonce de Mario Tennis Fever promettait de dépoussiérer la raquette du célèbre moustachu après un opus Aces qui avait divisé les foules. Si le contrat de la nervosité est rempli, le titre semble parfois hésiter entre l’accessibilité immédiate et une technicité qui demande un investissement certain. Entre une réalisation propre mais convenue et un contenu à géométrie variable, ce nouvel échange sur terre battue souffle le chaud et le froid. Chronique d’un smash efficace, mais qui manque parfois de précision.
Une réalisation colorée, le minimum syndical
Visuellement, Mario Tennis Fever ne cherche pas à décrocher la lune. Le titre s’appuie sur une direction artistique solide et chatoyante, fidèle aux standards de l’univers Nintendo. Les animations des personnages sont fluides et les différents courts regorgent de petits détails dynamiques en arrière-plan. Cependant, on reste sur une base technique très classique : c’est propre, c’est net, mais cela manque de ce « petit plus » graphique qui marquerait une rupture avec les épisodes précédents.
La bande-son suit la même trajectoire. Les thèmes musicaux sont sympathiques et entraînants, sans pour autant rester gravés dans les mémoires une fois la console éteinte. Petit bémol toutefois sur l’ambiance sonore : la Fleur Cancan, bien que rigolote au début, a tendance à devenir envahissante par ses commentaires incessants durant les échanges, brisant parfois la concentration nécessaire aux matchs les plus tendus.
Un gameplay profond qui se mérite
C’est raquette en main que Mario Tennis Fever révèle son véritable potentiel. La jouabilité est, sans conteste, le point fort du titre. Le système de frappes a été affiné, offrant une palette de coups variée qui demande un timing impeccable. Si les premières minutes sont plaisantes, il faudra toutefois un temps d’adaptation réel pour maîtriser les subtilités du placement et de la jauge d’énergie.
Cette courbe d’apprentissage, plus abrupte que d’habitude, pourra déconcerter les joueurs occasionnels. Là où les précédents opus permettaient de briller avec un simple sens du rythme, Mario Tennis Fever impose une gestion millimétrée du placement et de l’anticipation. Le nouveau système de « Frappe Instinctive » demande non seulement des réflexes de pointe, mais aussi une lecture parfaite de la jauge d’énergie, sous peine de se retrouver à la merci d’un contre dévastateur.
Une durée de vie à la carte
Le contenu de cet opus est sans doute son aspect le plus clivant. Pour les joueurs solitaires, le mode aventure fait office de mise en bouche un peu courte : comptez moins de 5 heures pour en voir le bout. Cette campagne, bien que rythmée, manque d’envergure et ressemble davantage à un tutoriel géant qu’à une véritable épopée. C’est dommage, d’autant plus que la cinématique d’introduction promettait une aventure surprenante sur tous les plans.
Heureusement, le titre se rattrape largement sur ses modes annexes. Entre les mini-jeux créatifs, les tournois variés et surtout un mode en ligne compétitif solide avec un système de classement, la durée de vie devient potentiellement colossale pour qui accepte de relever le défi du scoring. En clair, votre investissement dépendra directement de votre envie de grimper dans la hiérarchie mondiale ou de partager des parties entre amis.
En conclusion, Mario Tennis Fever est un titre solide qui remplit son office sans pour autant révolutionner la licence. Porté par un gameplay exigeant et gratifiant, il pèche par une réalisation sans grande surprise et une aventure solo trop vite expédiée. Un bon jeu de sport, idéal pour les acharnés du lift et les soirées multijoueur, mais qui manque encore d’un peu de panache pour devenir un incontournable absolu.
Mario Tennis Fever est disponible depuis le 12 février 2026 exclusivement sur Nintendo Switch 2.
Avis
Mario Tennis Fever est un titre solide qui brille par son gameplay technique et exigeant, malgré une réalisation classique et un mode aventure trop court. Un rendez-vous réussi pour les amateurs de compétition et de précision, même si la Fleur Cancan vient parfois entacher l'ambiance sonore.
- Graphismes
- Bande sonore
- Durée de vie
- Gameplay
