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Accueil - [Rencontre] David Soren et Nate Wragg : Capitaine Superslip est un « antidote à Marvel et DC » - Page 2
[Rencontre] David Soren et Nate Wragg : Capitaine Superslip est un "antidote à Marvel et DC"
© Alexia Malige / L'Info Tout Court
Cinéma

[Rencontre] David Soren et Nate Wragg : Capitaine Superslip est un « antidote à Marvel et DC »

Alexia Malige Alexia Malige30 septembre 2017Aucun commentaireIl vous reste 9 minutes à lireUpdated:28 février 2022
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Animation

David Soren : Évidemment, je suis un immense fan d’animation depuis que je suis enfant. J’ai grandi en dessinant, en inventant mes propres histoires, et je suis parvenu à réaliser mon rêve en en faisant une carrière. Aujourd’hui, on entre dans une période extrêmement riche et excitante, car le domaine de l’animation connaît de plus en plus de prouesses technologiques. On peut alors raconter n’importe quelle histoire, avec n’importe quel personnage et n’importe quel style. Tout peut être porté à l’écran. Tout est possible. Il n’y a plus aucune limite.

Nate Wragg : Pour moi l’animation, c’est avant tout la créativité. Et l’on peut dire que Capitaine Superslip sait la célébrer. Les garçons (George et Harold) débordent d’imagination et le film aussi. On a d’ailleurs utilisé plusieurs styles de dessins et d’animation pour le réaliser, ce qui prouve bien qu’il n’y a plus de barrières à ce que l’on peut faire. Marionnettes, 2D ou autres techniques, on nous a vraiment laissés libres de nos choix et notre inventivité n’a jamais été bridée.

Dav Pilkey

David Soren : J’ai découvert le premier Capitaine Superslip il y environ 20 ans. Je l’ai repéré  dans une librairie en me disant « ça à l’air complètement ridicule » (rires). Puis, je l’ai ouvert, j’ai commencé à le lire et j’ai réalisé qu’en fait, c’était génial. J’ai toujours énormément respecté les personnes qui avaient le courage de suivre leur propre chemin à contre-courant des autres.  Et Dav Pilkey en fait partie. Quand il était à l’école, il souffrait de trouble du déficit de l’attention et passait tout son temps dans le bureau du principal. Un jour en classe, il montrait ses dessins de Capitaine Superslip à ses camarades quand le professeur lui a arraché des mains en criant : « les sous-vêtements n’ont rien de drôle ». Et évidemment, tout le monde a ri encore plus fort. C’est à ce moment là, que Dav a compris qu’il tenait une idée vraiment intéressante.

Nate Wragg : Pour ma part, j’ai commencé à lire Capitaine Superslip seulement 15 ans après que Dav Pilkey ait écrit le premier. Ça a vraiment été une grande surprise de me retrouver plongé dans cet univers fantasque. Et plus je lisais, plus je découvrais qu’il y en avait encore. Il doit y avoir une douzaine de livres au total et j’étais totalement happé par ces histoires géniales et cet imaginaire sans limite. Il fallait à tout prix que je les lise tous !

Harold George Capitaine Superslip
© DreamWorks

Éducation

David Soren : L’école créée pour le film est extrêmement exagérée ! (rires). Mais c’était également une chance de mettre en lumière certains problèmes que rencontre l’éducation actuelle. Pour moi, il est très dur de voir des établissements sacrifier l’art au profit de matières plus classiques. Elles devraient toutes être égalitaires, et non pas en concurrence. Pour beaucoup de personnes, comme moi, l’école n’était pas un plaisir. Mais j’ai, pour ma part, reçu beaucoup de soutien dans les domaines qui m’intéressaient. Je trouve donc triste, qu’aujourd’hui, certains enfants n’aient pas l’encouragement nécessaire pour apprendre et se développer dans de bonnes conditions. Voilà pourquoi il était intéressant d’en parler. Il faut que les enfants réalisent que c’est important de se battre pour ce qu’ils aiment. Ce n’est pas une mauvaise chose de remettre en question l’autorité, surtout quand elle le mérite.

Nate Wragg : Et puis, si l’école décide de supprimer l’art parce que certaines personnes considèrent qu’il est impossible d’en faire un métier, que sera le divertissement de demain ? Qu’en sera-t-il de la musique ? De l’art ? Des livres ? Du cinéma ? Je pense qu’il faut célébrer toutes ces choses pour les enfants, car ce sont eux qui les produiront plus tard. On adore et profite de l’art tous les jours. Je pense que les gens préfèrent aller voir un concert plutôt que de se rendre à la banque, alors pourquoi mettre un frein à ceux qui nous rendent heureux ?

Amitié

David Soren : Ce que j’aime le plus dans le film, c’est qu’il parle de deux meilleurs amis super créatifs qui échangent autour de leur imagination. Cela me touche particulièrement, car les amitiés les plus importantes de ma vie, celles qui ont duré le plus longtemps, ressemblaient beaucoup à la relation inventive de George et Harold. Dans Capitaine Superslip, on n’essaie pas de faire passer une morale, on montre juste ces deux garçons débordant d’idées, qui collaborent, écrivent, dessinent et créent ensemble. Et j’adore l’idée que des enfants rentrent chez eux après avoir vu le film et se mettent à raconter leurs propres histoires.

Nate Wragg : Pour moi, c’est pareil. J’apprécie vraiment que le scénario ne tourne pas autour d’un road trip ou d’une grande aventure dans des pays lointains, mais simplement autour du fait de ne pas vouloir qu’une amitié soit séparée ou brisée en morceaux. Si l’on regarde tous nos vies, on réalise que nos amitiés font partie des éléments les plus chers à nos cœurs. Et voir cela constituer le fil conducteur du film, est réellement nouveau et unique. Leur relation semble très sincère, et lorsque l’on voit leur amitié, George et Harold n’ont pas l’air de deux personnages écrits, mais de réels amis. On sent alors qu’il existe une vraie connexion entre les garçons, et tout le monde peut s’identifier à eux.

Capitaine Superslip Dreamworks
© DreamWorks

Comédie

David Soren : L’humour du film provient évidemment des livres, qui sont complètement hystériques et hilarants. Des aventures vraiment folles s’y déroulent et l’on a donc démarré avec ça. Puis Nicholas Stoller, notre scénariste, avait une excellente perception des personnages. Il s’est beaucoup servi du travail de Dav Pilkey, tout en le modifiant pour l’adapter à un public plus large, composé d’enfants, mais aussi d’adultes. En ce qui concerne les blagues, certaines viennent des bandes-dessinées, mais la plupart ont été écrites ou ajoutées par les acteurs. Ce sont tous de très bons comédiens, mais aussi d’excellents auteurs. Ça aurait été idiot de ne pas en profiter. Pendant les séances d’enregistrement, j’expliquais simplement de quoi avait besoin la scène et je les laissais jouer comme ils le sentaient. Il y a donc une quantité impressionnante d’improvisation dans ce film, ce qui le rend très vrai, un peu plus sauvage et spontané.

Nate Wragg : Le sens de l’humour est absolument essentiel, que ce soit dans la vie en général ou au cinéma. Et ce que j’aime à propos de notre film, c’est que les gens rient de bon coeur. Ils ont l’impression d’être amis avec Harold et George, donc ils plaisantent avec eux, ils rigolent des choses dont ils rigolent, ils vivent avec eux en quelques sortes. D’ailleurs, il y a ce moment où Harold découvre le nom complet du professeur Poopypants, et comme lui, on sent le fou rire monter jusqu’à nous piquer les yeux. On le ressent intensément, justement parce qu’on est là avec eux, comme un troisième meilleur ami. Et cette complicité que l’on est parvenu à créer, est, à mon sens, vraiment spéciale.

Harold et George Capitaine Superslip
© DreamWorks

Sous-vêtements

David Soren : Pourquoi les sous-vêtements sont drôles ? (rires) J’imagine que, pour tout le monde, cela remonte à un moment de l’enfance où les parents nous ont appris que parler de sous-vêtements était indécent et inapproprié. Et c’est exactement ce que les petits aiment. Ce genre d’humour les amuse parce qu’ils savent à quel point ça irrite les adultes. Finalement, les sous-vêtements, ne sont rien de plus qu’un sujet déplacé et embarrassant à aborder, mais tout de même très marrant ! (rires) Donc le fait que notre film raconte l’histoire de deux élèves de CM1 qui change leur principal en Capitaine Superslip, c’est un rêve complètement fou pour les enfants, mais aussi pour les adultes qui se souviennent de leurs jeunes années.

Nate Wragg : Je pense que le fait de voir quelqu’un dans une situation dans laquelle il n’aimerait pas être vu, suscite immédiatement l’amusement. La simple idée d’imaginer Capitaine Superslip, déambulant au milieu de la ville dans ses sous-vêtements, fait rire les gens. Mais ironiquement, ce n’est pas la chose la plus drôle qu’il fasse. Son comportement et toutes les choses horribles qu’il peut dire sont effectivement bien pires ! (rires)

Dauphins

David Soren : (rires) A un moment donné, je souhaitais simplement donner à Harold une obsession étrange, qu’il essaierait d’insérer à tout prix dans les comics. Une idée saugrenue que George ne comprendrait pas et qui pourrait être une source de conflit entre les deux. C’est tombé sur les dauphins, et lorsque les gens ont découvert ça, ils ont beaucoup rigolé. (rires) On a donc décidé de poursuivre le délire jusqu’au bout en le faisant revenir plusieurs fois dans le film.

Nate Wragg : Je n’ai strictement rien à voir avec cette histoire de dauphins ! (rires) On m’a uniquement demandé de les dessiner d’une façon assez drôle et sympathique pour que la blague ne tombe pas à plat à cause d’un dauphin hideux. (rires)

Capitaine Superslip
© DreamWorks

Super-héros

David Soren : Capitaine Superslip est super débile ! LE plus débile ! (rires) Si l’on range les super-héros en terme de classe, on a Superman, Batman, Wonder Woman qui sont tout là haut. Puis au milieu, on doit avoir Flash, Green Arrow et toute la bande. Et tout en bas, on trouve Capitaine Superslip. Il y a énormément de super-héros qui débarquent sur les écrans en ce moment, mais ils se ressemblent un peu tous. Je trouvais donc génial de pouvoir créer un nouveau genre de super-héros, et donc, une sorte d’antidote à Marvel et DC.

Nate Wragg : Mais ce qui est fantastique, c’est qu’il pense qu’il est tout là haut avec les autres ! (rires)

 

 

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