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Accueil - Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée
Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée
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Critiques

Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée

Charley Charley12 novembre 2022Aucun commentaireIl vous reste 4 minutes à lireUpdated:12 novembre 2022
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Cette année aura vu l’avènement et la conclusion de vraies séries qualitatives. Et au milieu d’HBO, Amazon, Disney ou Netflix, Apple fait office d’outsider relativement sous-coté ! En effet, la série Severance aura proposé une saison d’excellente facture, qui s’impose comme un des indispensables à ne surtout pas rater.

Si on vous dit Ben Stiller (Zoolander, La Nuit au Musée) en réalisateur sur une série dramatique à suspense pour Apple, le doute serait de mise. Et pourtant, ce mélange marche du feu de Dieu avec Severance, une œuvre de « science-fiction » étrange créée par Dan Erickson, lorgnant plutôt vers le thriller dramatique à suspense.

Dans sa scène d’intro exemplaire, une femme (Britt Lower) se réveille dans une salle de bureau sans souvenir de son propre nom. Après un interrogatoire rudimentaire face à un interphone, Helly R. (comme elle sera appelée) rejoint les locaux de Lumon Industries auprès de Mark S. (Adam Scott), le véritable protagoniste de Severance.

Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée
© Apple

Intégrant le service de « raffinement de macro-données » avec Dylan G. (Zach Cherry) et Irving B. (John Turturro), ce petit groupe sera sous les ordres de la glaciale Harmony Cobel (Patricia Arquette) et de leur surveillant Seth Milchick (Tramell Tillman). Alors qu’ils ne savent pas vraiment quelle est la nature de leur travail (à part « purifier » des lignes/colonnes de code), le concept de la série se dévoile immédiatement : les employés ont subits une dissociation (« severance ») de leur conscience et de leurs souvenirs !

Ainsi, après une journée de travail, Mark S. retrouve son autre identité à l’extérieur du complexe : celle de Mark Scout, un ex-prof d’histoire en deuil après la mort de sa femme. Deux entités distinctes (les « inters » et « exters ») qui ne savent finalement rien l’une de l’autre et évoluent de manière autonome tels deux personnages distincts. Petit à petit, ce beau monde va tenter de savoir ce qui leur arrive, et quelles sont les réelles intentions de Lumon Industries.

Pas de congés chez Lumon

Dès son générique angoissant (doublé d’une une petite merveille visuelle), Severance interpelle le spectateur par une étrangeté de chaque instant. Un sentiment affilié au mystère entourant le concept et le setting de la série, véritable moteur narratif du show. Avec une bonne touche d’humour noir par dessus, Dan Erickson accouche d’un monde empli de bizarrerie, où les employeurs (non-dissociés) imposent des règles farfelues, réglementent chaque allers et venues, ainsi que toute une fragmentation de la vie des employés. Bref, une satire pertinente du capitalisme versant dans l’anticipation et même le thriller paranoïaque !

Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée
© Apple

Il y a un peu de The Office mélangé à du Brazil, le tout dans un écrin de mise en scène ciselée, accentuant le cloisonnement des divers personnages. Ben Stiller s’occupe de la réalisation de plusieurs épisodes, conférant à Severance une dimension claustrophobique autant que fascinante, aidée d’un montage et d’une musique (signée Teodore Shapiro) édifiants. Les longs couloirs blancs recèlent donc plusieurs surprises au gré des épisodes (y a-t-il d’autres employés que nos 4 trublions ?), tandis que l’ombre pesante du défunt fondateur Kier Eagan accentue encore la nature mystérieuse de Lumon.

Questionnements existentiels

Tout au long de ses 9 épisodes, Severance rabat constamment ses cartes dans un jeu de piste labyrinthique questionnement le libre-arbitre (les employés ont adhéré à la dissociation de plein gré) et la condition humaine. Et alors que les protagonistes vont peu à peu se rebeller pour tenter d’échapper à leur caverne allégorique, cette échappatoire se verra magnifiée par l’interprétation de chaque comédien (jusque dans de touchants seconds rôles, notamment celui de Christopher Walken concernant sa relation avec John Turturro).

Critique Severance Saison 1 : perception mindfuckée
© Apple

La recherche identitaire devient plus poignante, plus surprenante et aussi émotionnelle (superbe alchimie entre Britt Lower et Adam Scott) à mesure que l’on découvre la double-existence des divers personnages : ont-ils des enfants ? Sont-ils surveillés ? Quelqu’un s’est-il déjà échappé de Lumon ? Un terreau parfait pour entretenir une certaine paranoïa ambiante, sans que toutes les réponses ne soient encore données à l’issue de cette Saison 1. Se concluant sur un gros cliffhanger, Severance réussit tout ce qu’elle entreprend avec brio, et il nous tarde donc de voir la suite en 2023 !

Severance est disponible sur Apple TV+

avis

9 du bon mindfuck

Severance s'inscrit comme LA série surprise de 2022, celle qu'on attendait pas et qui pourtant s'impose comme une des plus éclatantes réussites de l'année. Bizarre, prenante, touchante et intelligente, la saison 2 de cet excellent show ne saurait se faire attendre plus longtemps !

  • Moyenne des lecteurs (3 Votes) 8.3
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