Scream 7 opère un virage à 180° vis-à-vis des deux précédents films. Exit Melissa Barrera et Jenna Ortega : Neve Campell revient sur le devant de la scène, tandis que Kevin Williamson (scénariste émérite des opus originaux) s’attaque à la mise en scène.
Scream 7 pourrait presque faire office d’une mauvaise blague, alors que la saga initiée il y a 30 ans par Kevin Williamson et Wes Craven revigorait le genre du slasher via un numéro d’équilibriste entre révérence et commentaire méta. Après le 4e opus (qui semblait être un bon point final), le duo Gilett-Bettinelli-Olpin a réalisé un cinquième opus aux qualités variables, ainsi qu’un Scream 6 se présentant comme l’épisode de trop.
Scream 7 était cependant inévitable, vu le succès de Ghostface dans les salles obscures ! Pour autant, les plans initiaux ont changé, avec l’éviction de Melissa Barrera pour ses propos pro-Palestine, avant que Paramount ne lui fasse à nouveau la drague : le mal était fait, le réalisateur Christopher Landon (Happy Birthdead) quitte le navire, et la Paramount semble appliquer l’adage du « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ».
Encore une suite/reboot
Exit New York et les sœurs Carpenter : ce nouveau film constitue presque un authentique Scream 5 des années plus tard, voyant le retour de Sydney Prescott (Neve Campbell). Tenancière d’un coffee shop dans une bourgade tranquille, la rescapée de Woodsboro a la vie rêvée avec son conjoint Mark (Joel McHale) et leur fille Tatum (Isabel May). Et tandis que de nouveaux meurtres surviennent portant la signature de Ghostface, tout porte à croire que Stu (Matthew Lillard) serait toujours vivant…

D’entrée de jeu, Kevin Williamson nous emmène dans Scream 7 en territoire connu : un couple aficionado de films d’horreurs loge dans l’ancienne maison de Sydney, reconvertie en airbnb touristique. La fascination des audiences modernes pour les true crimes semble être le mantra de ce nouvel opus, autant que le rapport des sagas vis-à-vis de la nostalgie. Mais alors que les gimmicks inhérents à Scream se déroulent scolairement (l’appel téléphonique, les apparitions de Ghostface tel David Copperfield..), la mécanique narrative va cruellement s’enrayer.
Non pas que les deux précédents opus avaient révolutionné la franchise (loin s’en faut), mais elle avait à la rigueur le mérite d’introduire un nouveau roster de protagonistes, voire même de renverser la figure de Ghostface. L’exercice n’tait pas bien brillant, mais avait au moins sa propre singularité (y compris via la dimension métatextuelle). Hors, Scream 7 abandonnera peu à peu ces constituants au profit d’une intrigue programmatique à souhait.
Retour de la Scream Queen
Pourtant, Kevin Williamson a du bagage dans le genre (notamment scénariste sur The Faculty), mais il faudra régulièrement se pincer devant la fainéantise crasse de cet opus dont la seule légitimité est de replacer Neve Campbell en Scream Queen. L’actrice fait toujours le job en terme d’aisance et de charisme, et on osera même dire que son duo avec Isabel May fonctionne relativement à l’écran.

Pour le reste, Scream 7 a le fâcheuse idée d’implémenter l’IA comme ressort narratif criard, prétexte à du caméo de luxe sans une once de logique narrative. Même la face hyaluronique de Courtney Cox (pourtant vendue comme une des protagonistes de cet épisode) n’est présente que pour deux passages censés appâter le chaland et rassurer les investisseurs. Oui, la franchise s’engouffre encore plus dans ce qu’elle commente à l’écran : un pur objet marketing sous respirateur artificiel dopé à la nostalgie facile !
Heureusement, Kevin Williamson déjoue un tantinet les idées préconçues concernant identité finale du Ghostface. Mais se faisant, le réalisateur/scénariste affadie Scream à du simple slasher raz-des-pâquerettes, dont le seul intérêt tient dans la mise à mort des victimes. Le bougre propose une mise en scène globalement propre (à l’image de ce passage jonché de bâches plastiques), mais sans aucun cachet. Seul un meurtre graphique sur scène ou impliquant une tireuse à bière réveillera le friand d’hémoglobine.
Opus qui n’a rien à dire ou à faire
Scream 7 affiche également un irrespect total de toute une logique scénographique (personnages qui pop dans le champ ou à l’extérieur au bon vouloir du réalisateur pour gonfler artificiellement le suspense), assumant cependant de manière presque comique le fait que les personnages ne peuvent mourir autrement que par du tir dans la tête ou de multiples coups de couteau. Une triste consolation, alors que le spectre de Ghostface plane sans surprise, ni frisson !

Il suffira de se rappeler la glaçante scène introductive du film de 1996, et comparer les multiples gamelles et loupés du tueur aujourd’hui. Pour toutes ces raisons, Scream 7 n’est pas simplement le signe d’une saga à bout de souffle nécessitant un coup de polish. Non, la franchise est morte artistiquement, et nécessite simplement qu’on la débranche au plus vite…
Scream 7 est sorti au cinéma le 25 février 2026
avis
Scream 7 a des allures de plat multi-réchauffé malgré le retour de Kevin Williamson aux affaires. Derrière son commentaire sur les true crimes et la nostalgie, la franchise enchaîne les poncifs sans la moindre once de frisson ou de cohérence narrative. Reste une Neve Campbell toujours charismatique en Scream Queen, et quelques meurtres gentiment ludiques. Pas de quoi sauver cet opus raté arrivant ben trop tard !
