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Accueil - Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope
Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope
© Netflix
Série

Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope

Charley Charley11 octobre 2023Aucun commentaireIl vous reste 5 minutes à lireUpdated:10 février 2026
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En réadaptant la nouvelle d’Egar Allan Poe, Mike Flanagan (The Haunting of Hill House, Sermons de Minuit) revient avec une des meilleures séries de l’année. La Chute de la Maison Usher dévoile un agenda des plus diaboliques dans une sanglante chronique familiale où capitalisme et morts vont de pair, servis par un excellent casting. La série Netflix de 2023 !

En l’espace de quelques années, Mike Flanagan s’est rapidement imposé comme un des ténors du genre fantastique sur le petit écran. Après quelques passages au cinéma (dont Doctor Sleep), c’est véritablement auprès de Netflix que le bougre s’est fait un nom : de l’excellente The Haunting of Hill House à la superbe Midnight Mass (« Sermons de minuit« ), en passant par la production de The Haunting of Bly Manor, Flanagan est synonyme de mini-série de qualité !

The Haunting of House Usher

C’était donc avec une certaine impatience que nous attendions La Chute de la Maison Usher, adaptation libre de la nouvelle d’Edgar Allan Poe publiée en 1839. Du matériau de base, la série de Flanagan en conservera simplement quelques symboles (la maison en décrépitude, Roderick et sa sœur Madeline) et ses thématiques sur la fatalité et la mort. Pour le reste, tout est inédit, et le résultat a bien fière allure !

Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope
© Studio Ghibli

La Chute de la Maison Usher débute alors que Roderick Usher (Bruce Greenwood), 73 ans et PDG milliardaire de l’entreprise pharmaceutique Fortunato, assiste à un enterrement : le 6e en l’espace de 2 semaines ! En effet, tous ses enfants sont décédés (chaque décès espacé de 2 jours) dans d’obscures conditions, alors que Roderick aperçoit une mystérieuse femme drapée tel un corbeau (Carla Cugino).

Alors que Roderick s’emploie à expliquer l’histoire de la famille Usher, la série va nous retracer l’ascension de ce dernier dans les années 60-70, puis la chute de cette famille au cours des 2 dernières semaines.

Cadavres en famille

Et dans un exercice diabolique, Flanagan va rebattre les cartes de la moralité, en prenant des protagonistes à nuances de gris (gris très foncés bien sûr), tous plus vils ou imparfaits malgré les apparences. Et pour se faire, on retrouve au casting tout un tas d’habitués des productions de Flanagan. Rahul Kohli en concepteur de JV, Kate Siegel (Mme Flanagan) dans un excellent rôle à contre-emploi en RP de l’entreprise familiale, T’Nia Miller en chirurgienne sur le point de rentrer dans l’Histoire, Henry Thomas et Samantha Sloyan en millionnaires mariés..

Tous constituent les descendants de la famille Usher, d’abord sympathiques, puis beaucoup moins à mesure que la série avance, et que les cadavres s’enchaînent. Un aspect légèrement schématique s’installe donc à mi-parcours (passé le choc de certaines mises à mort, comme la fin de l’épisode 2 sur du NIN), avant de complètement redistribuer les cartes en terme de basculement de point de vue et de placement moral du spectateur.

Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope
© Netflix

Car La Chute de la Maison Usher a beau montrer avec efficacité (et une malice proche du sadisme par instants) la déchéance de représentants vils d’un hyper-capitalisme crasse (tous les personnages sont d’ailleurs plus ou moins inspirés d’autres nouvelles d’Allan Poe), c’est dans son aspect « rise & fall » que la série nous tient.

Roderick Usher en est d’ailleurs la pièce-pivot, campé par un impeccable Bruce Greenwood (capable de nous tenir en haleine lors d’un discours capitaliste en plan-séquence, semblant tout droit sortir d’un Fight Club). Mais la série exerce aussi de prenants flash-backs (l’occasion de revoir Zach Gilford) d’époques pour nous donner une vision globale d’une face sombre de l’Amérique, capable de pervertir les plus honnêtes gens par le simple appât du dollar.

Fable noire sous le signe du corbeau

Tout comme la nouvelle d’origine, La Chute de la Maison Usher se présente donc avant tout comme une sorte de fable désenchantée, où la fatalité, l’apparente folie et la mort se côtoient dans un ballet que Flanagan tient admirablement (vous ne verrez plus jamais les chats de la même manière). Parfois nous ne sommes pas très loin de Hill House et Midnight Mass justement, dans cette capacité à créer l’ambiguïté (rationnel ou superstition ?), avant que les codes du fantastique prennent définitivement le pas.

Critique La Chute de la Maison Usher : maléfice misanthrope
© Netflix

Chez les seconds couteaux, La Chute de la Maison Usher peut également compter sur Mary McDonnell (Battlestar Galactica) en Madeline Usher (personnage dans l’ombre de son frère mais véritable tête pensante du duo) ; un charismatique Carl Lumbly en Auguste Dupin (personnage policier-clé chez Edgar Allan Poe) soit la caution morale de la série ; mais aussi le célèbre Mark Hamill en homme de main aux méthodes douteuses.

Un casting de talent pour des personnages incarnés, mais c’est bien Carla Cugino qui vole la vedette à tout le monde. Incarnation de la mort et du destin (le corbeau étant lui aussi une figure clé de l’auteur), l’actrice nous abreuve de sa meilleure performance à ce jour, dans des rôles multiples. Parfois inquiétante, intense ou curieusement attirante, Verna est sans doute la véritable protagoniste de La Chute de la Maison Usher, nouvelle belle réussite d’un Mike Flanagan s’imposant comme le Stephen King du petit écran !

La Chute de la Maison Usher est disponible sur Netflix.

avis

8 démoniaque

Avec la Chute de la Maison Usher, Netflix tient sa série horrifique de l'année, et Mike Flanagan confirme encore une fois ses talents de conteurs dans le genre fantastique. En résulte une très bonne adaptation de l’œuvre d'Edgar Allan Poe, dans un récit désenchanté, violent et noir sur les affres du capitalisme et les arcanes de la fatalité.

  • Moyenne des lecteurs (3 Votes) 8
Critique Netflix
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