[Test DVD] The Smell Of Us, amour poussif

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Découvrir The Smell Of Us sans être au fait de la personnalité de Larry Clark, réalisateur du film, peut faire manquer la continuité entretenue par sa nouvelle plongée trash en adolescence rebelle. Depuis 50 ans maintenant, le cinéaste travaille sans relâche la figure du mineur skateur adepte d’une sexualité décomplexée et de la drogue dans toutes ses formes. Cela en fait-il pour autant un meilleur film ? Pas forcément.

À un âge où la bienséance vous prête volontiers de la sagesse, Clark continue sans pudeur ni sans filtre à radiographier les attitudes d’une certaine jeunesse dorée. Si on veut bien saluer l’honnêteté de la démarche, on tiquera davantage devant le manque flagrant de recul opéré par un cinéaste vampirisé par ses sujets.

Assoiffé d’images où les corps fatigués se percutent en une valse morbide, le film ne fait qu’étaler un catalogue d’images répulsives sans parvenir à leur donner corps. La prostitution dépeinte ne fait jamais écho au milieu dépeint et les personnages n’ont aucun trait de caractère qui puisse provoquer un quelconque attachement, si ce n’est pour un personnage féminin porteur d’un embryon narratif vite oublié. Dommage.

The Smell Of Us est disponible en DVD & VOD.

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Avis

6.5 Jeunesse dorée en bronze

Variant par pure logique psychologique les natures d'image, The Smell Of Us passe sans encombres d'une patine cinématographique (souvent partiellement éclairée ou blafarde) à la rudesse d'une captation téléphonique. Le DVD retranscrit ces régimes à merveille et propose même deux bonnes pistes sonores (2.0 & 5.1) pour mieux s'adapter à chaque configuration de votre maison.

Outre la bande-annonce, une seule interview fait son chemin jusqu'à cette édition DVD. On ne s'en plaindra pas tant ce supplément trop souvent mal traité trouve un écho particulier sous l'absence de langue de bois caractéristique de Larry Clark. Durant 38 bonnes minutes, celui-ci revient avec une vraie logique sur son projet (filmer la jeunesse parisienne) et ne cache rien des nombreuses difficultés rencontrées sur le tournage, particulièrement avec une incontrôlable équipe de "comédiens" ("ils ont fait grève, ces abrutis" dit-il). Toujours aussi mystérieux vis-à-vis de sa fascination sans relâche pour la jeunesse, Clarke livre toutefois son mantra: "pour parler de l'enfer, il faut le vivre de l'intérieur". Passionnant.

  • Film 3
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 7
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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