[Critique] Youth, mélancolie de la jeunesse vieillissante

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Une nouvelle fois après La Grande Belleza, Paolo Sorrentino propose en sélection un long-métrage ambitieux et faste. Seulement voilà, Youth n’a rien d’un conte ironique désabusé sur une certaine décadence bourgeoise mais met au contraire en scène deux vieux amis artistes aux envies diamétralement opposées: le réalisateur a encore soif de créer lorsque le chef d’orchestre refuse catégoriquement de replonger.

Sorrentino profite de cette dichotomie pour interroger le bien fondé de l’Art et défend le geste naïf d’émouvoir comme une philosophie en voie d’extinction. Maitrisant d’une main experte cette symphonie opératique, le cinéaste atteint la corde sensible en de purs instants de spleen mélancolique dont on ressort le vague à l’âme.

Il peut aussi remercier la carrière et la carrure de ses deux interprètes dont le rapprochement autobiographique densifie le récit. Difficile de rester de marbre devant le regard embué d’émotion et la peau vieillissante de Michael Caine, particulièrement en un plan final mémorable. Un des plus beaux films de la sélection.

Youth sort le 9 septembre 2015, après sa projection en sélection officielle à Cannes.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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