[Critique DVD] Une Belle Fin, fonctionnaire de la mort

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On imagine à priori mal que l’on puisse, dans le cadre d’un long-métrage qui veut redonner le goût d’être en vie, passer une heure et demie en compagnie de son plus vieil opposé. C’est pourtant la logique adoptée par Uberto Pasolini qui s’intéresse à travers Une Belle Fin à un fonctionnaire chargé de retrouver la famille de défunts oubliés.

Cette jolie idée est narrée avec une pudeur extrême et une douceur cafardeuse parce qu’elle épouse le point de vue de son étrange protagoniste, orphelin obsédé par le soin et anesthésié par ces absences pour lesquelles il se passionne. L’interprétation subtile que lui offre Eddie Marsan est pour beaucoup dans l’émotion feutrée qui s’en dégage.

Pourtant, le long-métrage fait appel dans sa quête d’une existence solitaire à quelques procédés attendus et légèrement manichéens, du pianissimo musical à un retournement final inutilement cruel. La distance de sa mise en images tient parfois le récit sur la piste de décollage, comme si Pasolini pêchait par excès de retenue.

Une Belle Fin sort en DVD le 8 septembre 2015.

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Avis

6.8 Pas mal

En supplément de ce joli petit film, on découvre un entretien avec le réalisateur Uberto Pasolini. Ce dernier se révèle très humble, se considérant comme un producteur et non un réalisateur. Ce qui l'intéresse, c'est l'expérience qu'il obtient en réalisant un film et non le film terminé.

Il parle également de ses influences, en particulier du grand cinéaste japonais Yasujiro Ozu pour le ton calme et délicat de son œuvre. Bref, un entretien de 30 minutes enrichissant où l'esprit passionné de Pasolini transparait immédiatement à l'image. Largement suffisant pour connaitre l'essentiel sur ce film atypique porté par un incroyable acteur, Eddie Marsan.

  • Film 6
  • Image 7
  • Son 7
  • Bonus 7,5
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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