[Critique] Un début prometteur, c’est pas si mal

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Martin revient, le vague à l’âme et le corps rongé par l’alcool, au sein de la demeure familiale. L’échec de sa cure prend les traits d’un Manu Payet métamorphosé et savoureux. Dans cette maison fleurie par le pater obsessionnel, il y a aussi le frère adolescent qui tente tout pour une sublime femme blonde pour le moins mystérieuse. Quitte à embarquer son frère éreinté dans l’aventure.

Le trio qui se cherche au sein d’une rocambolesque marche initiatique est un lieu commun du cinéma français. À la dramaturgie suggérée par les caractères de chacun, Emma Luchini préfère les lignes de fuite, les instants de flottement et le croquant du dialogue qui en dit long. On pourrait s’en plaindre, mais la réalisatrice est dotée d’un doigté si fabuleux qu’on bénéficie en retour d’une formidable direction d’acteurs et d’une tendresse toute en retenue.

Jamais pontifiante, elle aère au contraire son récit des glissements narratifs tant attendus (Martin va t’il guérir? … va t’elle se confier?…) pour lui préférer l’insouciance de l’aventure, la poésie comique du regard manqué. Le grand film promis s’éloigne alors pour laisser place à une œuvre conduite selon le désir de son auteure, fuyant les évidences.

Un Début Prometteur sort le 30 Septembre 2015 en salles.

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Avis

8 Une heureuse promesse
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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