[Critique DVD] Trois sublimes canailles : John Ford, John Ford et John Ford

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On ne présente plus l’immense cinéaste John Ford, grand parmi les grands, qui à lui seul a eu une influence capitale sur les autres géants de ce monde (Kurosawa, Welles, Kubrick…). On connait parfaitement ses westerns parlants avec la Chevauchée fantastique ou encore la Prisonnière du désert, mais aujourd’hui on part à la rencontre d’un chef-d’oeuvre fordien du cinéma muet, ce fameux Trois sublimes canailles. Sublime, c’est bien le mot.

Dès les premières images de ce film de 1926, on retrouve le style si caractéristique du cinéaste avec ses décors naturels, ses compositions qui mettent en avant la grandeur du paysage et ses personnages pittoresques d’anti-héros. Certaines séquences laissent une marque indélébile sur nos rétines et le récit de trois bandits qui décident d’aider une femme en détresse fonctionne à merveille.

John Ford est un créateur, un dieu de la pellicule, capable d’insuffler de la vie dans ses personnages et dans ses univers. Face à ce western et à tous les autres qui ont suivi, on a l’impression d’être dans l’Ouest sauvage. Chez le cinéaste, la représentation de l’univers dépasse toujours le cadre de l’image. Le cinéma de John Ford, c’est tout simplement l’incarnation de l’Ouest. Rien que ça.

Trois sublimes canailles sort en DVD le 10 septembre 2015.

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Avis

9.5 Chef-d’œuvre

Voici un DVD de qualité et ce malgré quelques imprécisions en ce qui concerne les sous-titres (les intertitres sont à moitié traduits et perdent de leur substance). Pour autant, rien à dire sur l'image et le son qui rendent hommage à l’esthétique sidérante des plans de John Ford et à la belle composition musicale qui accompagne le film.

Les bonus proposent une courte mais pertinente présentation de l'oeuvre par Christophe Champclaux (historien du cinéma). Ensuite, on peut découvrir un documentaire sur John Ford et son rapport avec Monument Valley. Long de 54 minutes, ce dernier est passionnant et donne la parole à de prestigieux artistes. On croise Henry Fonda, John Stewart, John Wayne, mais aussi bien entendu Martin Scorsese (a-t-il déjà loupé l'occasion de parler d'un grand cinéaste ?). Le documentaire nous éclaire sur le choix de Monument Valley dont John Ford fût le premier à imprimer sa beauté sur la pellicule d'un film hollywoodien en 1938. À ne surtout pas manquer !

  • Film 10
  • Image 9
  • Son 9
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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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