[Critique] Sully, l’art de se poser en douceur

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Sully, c’est le surnom du pilote qui a posé en 2009 un Airbus sur le flanc de l’Hudson River. Clint Eastwood en fait aujourd’hui un film. En samaritain expérimenté, celui-ci inscrit ce miracle dans la continuité de ses dernières œuvres. Au lieu d’épater la galerie, le cinéaste penche avec pudeur un œil sur ce qui fait de ce personnage un héros. Par cette astuce, il signe une œuvre délicate et pudique dont l’impact se mesure au-delà de la projection.

Quand la platitude agit en trompe l’œil. Eastwood bâtit son film comme un non-évènement. Au lieu d’exploiter le spectaculaire de l’atterrissage, le cinéaste le dilue au travers de flash-backs surgissant. Signes de la psyché troublé de son protagoniste, ces séquences sont l’occasion de mettre en avant le reste de l’équipage, les passagers et les sauveteurs de l’après-traumatisme. Le cinéaste oriente son tableau pour qu’il soit exact mais anti-spectaculaire, sans effusion tragique.

Rassembler en temps de division. Fascinant dans ses contradictions, Eastwood ne révèle sa note d’intention qu’en fin de parcours. Comme dans les bons crus du cinéaste, le classicisme mollasson adopté se transforme lors du final en une lettre de noblesse à ce que l’être humain a de fondamentalement de mieux. Tom Hanks, brillant dans sa sobriété, émeut dans son discours parce qu’en temps de division il y transparaît une pureté qui ranime la flamme.

Sully sort le 30 novembre 2016 dans les salles françaises.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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