[Critique] Strange Circus : poésie grand-guignol

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Elias Campos d’East Asia nous parle de…

L’ero-guro nonsensu (ou érotisme, grotesque, non-sens) est un genre artistique japonais mêlant érotisme exotique et gore le plus extrême. Principalement développé par des mangas underground, telles les œuvres de Maruo Suehiro, plus rares ont été ses applications au cinéma.

C’est la qu’arrive Sono Sion, réalisateur japonais le plus créatif de sa génération. Il décide en 2005, encore porté par l’élan du succès de Suicide Club, de redonner vie à ce mouvement. Le résultat donne Strange Circus, sans doute le meilleur film d’horreur japonais jamais réalisé. Se basant sur une horrible histoire d’inceste et de pédophilie, le métrage se transforme petit à petit en un gigantesque poème rococo.

Les costumes sont outrageants, les acteurs cabotinent et les décors semblent vivants, pourpres et humides. Tout est iréel, comme plongé entre le cauchemar et le rêve. Malgré tout, ce film est beau, rendu sublime par son esthétique et sa musique, il séduit autant qu’il dérange. Surréaliste, baroque et vraiment terrifiant, Strange Circus est un classique et une porte d’entrée idéale dans le cinéma de Sono Sion, sûrement auteur le plus important du cinéma japonais du XXIème siècle.

Strange Circus n’est jamais sorti au cinéma en France

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9,5 Déjà un classique
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