[Critique] Shelley : Rosemary et la gestation pour autrui

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Après When Animals Dreams, voici le film danois qui surpasse une nouvelle fois tous les autres en beauté, en intelligence et en grâce. En développant l’imagerie d’un conte d’Andersen, Shelley dresse un portrait critique et distancié d’une « Europe à deux vitesses », hypocrite et sculptée pour les pays favorisés.

Esclavage moderne. La Rosemary de 2016 s’abstient des services du Diable, préférant louer le ventre de son employée fraîchement venue des pays de l’est. Bien évidemment, cette démarche instaure entre les deux femmes une relation trouble et dévorante, ironiquement surnaturelle. Cependant, en dépit des belles images, de son atmosphère glaçant et de ses personnages hors du temps, Shelley n’atteint pas la virtuosité d’un Antichrist. La faute à une mise en scène trop frigide et contemplative.

Politique et idéologie. Le discours anti-libéral du réalisateur Ali Abbasi nous séduit par sa liberté de ton. La GPA serait une méthode à la Frankenstein : amorale et monstrueuse. Un point de vue insolent qui n’a pourtant suscité aucune réaction après la projection. Le film manquait certainement un peu d’ardeur pour déranger à la Lars Von Trier.

Shelley n’a pas encore de date de sortie française mais a été présenté lors du Festival européen du film fantastique de Strasbourg 2016

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Avis

7 Frigide et implacable
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