[Critique] Que Viva Eisenstein (comme vous ne l’avez jamais vu)

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Il est difficile de ne pas penser aux futurs spectateurs médusés à la vision de cet irrévérencieux Que Viva Eisenstein, tourné par un Peter Greenaway revigoré. Parmi les cinéphiles qui ont décrypté l’art du Sergueï original en université, la surprise de voir la sexualité comme source essentielle de son art pourrait les déstabiliser quelque peu.

Si Greenaway a toujours mis en jeu la mort et la sexualité, il ne l’a probablement jamais présenté de manière aussi frontale, à l’instar d’une séquence de dépucelage anal particulièrement étrange. On perçoit dans un montage d’abord frénétique (et plutôt épuisant) la passion qui anime le cinéaste britannique lorsqu’il narre les dix jours d’Eisenstein au Mexique et comment ils ont influencé sa carrière.

Cette juvénilité et cette insouciance sont parfaitement synthétisées dans les vibrations gestuelles d’Elmer Bäck, transformant son Eisenstein en un enfant incontrôlable. Pourtant, le style très théâtral adopté par le cinéaste s’avère moins percutant qu’avec son Goltzius précédent et laisse à penser qu’il faudra un certain temps pour appréhender cet exténuant projet passionnel.

Que Viva Eisenstein ! sort le 8 Juillet 2015 en salles après son passage au Festival de Berlin.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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