[Critique] Propriété Privée, coup d’oeil plus que conseillé

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Dans les banlieues embourgeoisées, où l’ennui annihile tout écart, rôde deux types un peu louches. Bonne nouvelle, ils sont le sujet principal de Propriété Privée, œuvre méconnue que l’on redécouvre aujourd’hui. Comme échappés de chez Beckett et ses Souris et des Hommes, ces deux types vont rivaliser de malice pour coucher en toute légalité avec une sublime femme au foyer terrassée par le manque de chaleur.

Un protégé doué de génie. Sortie à l’orée des années 60, cette œuvre fascinante et complexe est signée Leslie Stevens. Protégé d’Orson Welles, il imagine une mise en scène aux cadres puissamment évocateurs. Le degré de perversité de l’intrigue prend son envol au travers de ce parti-pris filmique tranché, au noir et blanc somptueux et à la métaphore subtilement filée.

Un duo réjouissant et pathétique. Au sommet, il y a les deux personnages principaux. L’audace dont fait preuve le réalisateur vis-à-vis des thématiques qu’il leur apprête (perversité, homosexualité et classe sociale) stupéfait. Il faut se rappeler qu’Orange Mécanique n’était à l’époque qu’un embryon. Les deux excellents interprètes principaux, Warren Oates et Corey Allen, achèvent de faire de ce film caché un immanquable.

Propriété Privée ressort dans les salles françaises le 07 septembre 2016.

Pour aller + loin

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Avis

8.5 Classique instantané
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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