[Critique] Loin de la foule déchaînée (en liberté)

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Loin de la foule déchaînée pose l’épineux problème des multiples adaptations aux romances littéraires: doit-on juger le seul apport du film au roman ou peut-on librement évoquer le film sans en dénaturer l’ouvrage? En une pure découverte néophyte, privé des codes du livre de Thomas Hardy, nous ne nous aventurerons que vers le romanesque dessiné par son réalisateur Thomas Vinterberg.

Le libre souffle de la plaine anglaise vibre dès les premières délicates images de ce long-métrage. C’est par la grâce d’un montage qui évacue le temps à sa manière que nous découvrons la résolument libre Bathsheba en un temps où les femmes étaient contraintes au silence. Cette qualité technique, maintenue tout du long, se double d’une admirable interprétation générale d’où émerge – une fois de plus – Matthias Schoenaerts.

Pourtant, le mystère entretenu par l’héroïne est tel qu’il ne tarde pas à entrainer le récit vers une forme de surplace figeant tout sentiment, glaçant toute empathie. La gentillesse contrite des personnages tiédit un récit où d’improbables coïncidences font avancer l’histoire, jusque dans un final dont l’attendu ne produit pas l’étincelle souhaité. Une impression dommageable en dépit d’une ouverture aussi merveilleuse.

Loin de la foule déchaînée sort le 3 Juin 2015 en salles.

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5 Décevant
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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