[Critique] Little Big Man, l’homme blanc est un meurtrier

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Little Big Man est un film estimé, souvent présenté comme une variation onirique sur la conquête de l’Ouest. A l’occasion de sa restauration, voilà que le long-métrage d’Arthur Penn revient hanter notre époque troublée, dans laquelle l’humain moderne entrevoit le monde qui l’entoure comme mort avant même d’être né. Une œuvre bouleversante et angoissée, forcément précieuse.

L’Homme blanc est le meurtrier de la philosophie. Un vieil homme raconte en un flash-back épique comment il a survécu au génocide indien. Sa narration, entre affabulation et innocence perdue, parvient à concilier un humour burlesque avec la réalité la plus tragique. Le génie de Little Big Man tient dans cet équilibre entre l’éclat de rire et la description d’un trouble identitaire poignant.

Dustin Hoffman y est magnifique. Son jeu tout en nuances laisse transparaitre une infinité d’émotions, rendant lisible l’incapacité du personnage à trouver une paix intérieure. La mise en scène d’Arthur Penn, au lyrisme sans fioritures, donne une âme à cette grande œuvre. La désolation sur laquelle elle se clôt n’a clairement pas fini de nous tourmenter.

Little Big Man (res)sort en salles le 20 Juillet 2016.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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