[Critique] Les Huit Salopards, faux western, vraie expérience

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Rappelons une première évidence : Les Huit Salopards se déguste dans sa version originale. Soient 3h07 scindées en deux parties, elles-mêmes brisées par un entracte comme au temps jadis chéri par Quentin Tarantino. Un tel choix recèle, au-delà d’un souci technique, des vertus narratives. Le maestro a en effet composé deux facettes d’un même hommage, l’une respectueuse, l’autre quasi-anarchiste.

La première tranche est un hommage brillant en forme d’escalier. A chaque palier, le cinéaste distille une nouvelle tension sous-jacente, presque invisible. Chaque composante se met en place à pas feutrés, au travers d’un goût immodéré des mots que certains qualifient aujourd’hui de rance. Le tempo impeccable des dialogues, le jeu d’orfèvre des acteurs et la caresse de thématiques matures sauront leur donner tort.

En bout de première piste, il surgit un tour de vis narratif qui fait basculer l’ordre du huis-clos. Une pause hébétée plus tard, le spectateur pénètre dans les coulisses d’un tout autre théâtre. Tarantino se laisse alors envahir par le plaisir de la transgression salissante et fait vriller l’ordre établi. Si cette audace imprime avec succès une sensation cauchemardesque à l’ensemble, elle réduit quelque peu les thématiques esquissées à un geste d’éternel cancre.

Les Huit Salopards sort mercredi 6 Janvier 2016 dans les salles françaises. Avis aux parisiens, le Gaumont Marignan le propose dans son format d’origine (soit 70 mm et 3h07 de pellicule).

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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