[Critique] Le Petit Prince, la peur d’être grand

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Tout laissait à penser que le festival de Cannes avait eu le luxe de présenter l’œuvre d’animation la plus bouleversante de cette année avec Vice-Versa. En une preuve suprême de la supériorité artistique du dessin informatique, voilà que Le Petit Prince vient réaffirmer la nécessité urgente de considérer le cinéma d’animation comme un essaim d’oeuvres « palmables ».

Afin d’évacuer tout scandale superflu, rappelons que le projet de Mark Osborne est une excroissance fantasmée de l’œuvre de Saint-Exupéry, un prolongement sincère et humble de la philosophie de son auteur. On y suit la découverte par une petite fille destinée à rejoindre le rang mécanique de l’âge adulte d’un voisin fou et anciennement aventurier. Au fil d’une quête bourrée de péripéties, ils vont aller à la rencontre de « cet essentiel invisible pour les yeux » que les impératifs de la vie nous font si efficacement oublier.

L’énergie de sa mise en scène va de pair avec un récit aux coutures dorées qui navigue dans les tonalités les plus diverses sans jamais chuter. Ce travail d’équilibriste se prolonge en de multiples niveaux de lecture percutants, notamment une réflexion sur l’animation. Invité à ne jamais laisser notre âme d’enfant sur le bas côté lorsque la vie ne cesse de nous enlever ceux que nous chérissons tant, on termine cette œuvre débordant de générosité la tête plein d’étoiles.

Le Petit Prince sort le 29 juillet 2015, après sa présentation hors-compétition à Cannes.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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