[Critique] L’Hermine, animal domestique

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On croise moins qu’on veut bien le croire des films incarnés avec une grande justesse et conduit dans un sens certain de la mesure. Mais n’est-ce pas de la surprise et de l’inattendu que nait aussi le cinéma ?

On perçoit bien en quoi L’Hermine de Christian Vincent réussit à dresser son observatoire digne et en contrôle, à même de convaincre son audience de la crédibilité de son univers. Dans sa loupe, la cour d’assises devient un théâtre où le misérabilisme n’a point cour, où la laideur porte un vécu et d’où le naturel garantit la caution du bon goût. Les acteurs sont naturellement formidables, Fabrice Luchini en tête, capable de tenir en haleine en lisant un arrêt final et d’émouvoir lorsqu’il fend la carapace de son personnage.

Pourtant, cette caution documentaire fait revenir le fantôme de Raymond Depardon, génial cinéaste de la vérité humaine. Ses Instants d’audience poursuivit avec infiniment plus de puissance les contrastes inhérents à la basse-cour judiciaire, le tout sans résumer son déroulement à une seule et même affaire irrésolue. Sans s’ennuyer, on en vient à se demander la portée réelle de cette approche fondée sur une distance convenue, qui aurait mérité sans doute un peu plus de chair pour s’insinuer en nous.

L’Hermine sort le 18 Novembre en salles.

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Avis

6 Modestie de la justesse
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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