[Critique] Julieta, culpabilité et fatalité

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Premier plan : une robe d’un rouge éclatant. Plus de place au doute dès cet instant, on est bien dans un film de Pedro Almodóvar, car le cinéaste a toujours montré un intérêt pour la couleur (comme Jacques Demy). Il la traite avec autant de déférence que ses personnages. Dans Julieta, le rouge et le bleu s’assemblent et se rejettent dans un ballet coloré métaphorique et sensoriel.

Du point de vue du récit, c’est l’histoire d’une femme de la cinquantaine qui replonge dans des souvenirs enfouis et douloureux suite à une rencontre fortuite dans la rue. Julieta, ce sont deux actrices merveilleuses qui interprètent le même personnage à des décennies d’écart (Emma Suárez et Adriana Ugarte).

Almodóvar propose une réflexion sur les fatalités de la vie, les disparitions soudaines et la bombe à retardement provoquée par les non-dits. Pour nous tenir en haleine, le réalisateur distille un suspense et une part de mystère hitchcockien. Sans être pour autant transcendant, Julieta marque le retour en pleine forme du cinéaste espagnol après le très décevant Les Amants passagers en 2013.

Julieta sort le 18 mai 2016 et est présenté en compétition au Festival de Cannes 2016.

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7,5 À découvrir !
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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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