[Critique] Green Room, punk rouge sang

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Au détour d’une séance au festival de Deauville 2013, on découvrait Blue Ruin, film de vengeance qui s’amusait à contredire tous les codes du genre. Comment ? En mettant en échec la soif vengeresse de son protagoniste lors de violentes et imprévisibles bouffées de violence, rappelant combien la souffrance est un terrain du déplaisir.

Jérémy Saulnier, son réalisateur, remet le couvert avec Green Room. Il plonge un groupe de punk dans un taudis aux mains de skinheads extrémistes, pour une nuit d’un éprouvant massacre. Après une introduction des plus économes, Saulnier bâtit une tension implacable autour de son jeu malsain. Libre de toute contrainte, il assume avec un aplomb épatant l’horreur de la situation en dilapidant toute espérance humaine.

Sa science du découpage et son goût pour le décalage élève cette série B dans le haut du panier, améliorant les qualités inhérentes à son précédent film. Néanmoins, en choisissant de réduire les enjeux au terrain de la survie humaine, il restreint Green Room à un simple plaisir régressif. La dernière ligne droite en pâtit lorsqu’elle cherche à tâtons une résolution dénuée de toute logique. Un palier à franchir pour la prochaine ?

Green Room sort le 27 avril 2016 dans les salles française, après sa sélection cannoise en quizaine des réalisateurs.

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Avis

7.5 Tendu
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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