[Critique] L’Etage du Dessous : Caméra dodo

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Difficile de se retenir de ronfler devant L’Etage du Dessous, dernier né de Radu Muntean, chouchou cannois de la Nouvelle Vague roumaine. Difficile de rester attentif, concentré, l’œil fixe, devant ce film naturaliste qui respecte avec brio une note d’intention qu’il use jusqu’à la corde : ne rien montrer, tout suggérer et ne surtout pas laisser la caméra traîner du côté des événements dignes d’intérêt.

On comprend le parti pris : user du hors champ et de sa puissance évocatrice comme catalyseur de notre imaginaire, comme vecteur de nos interrogations …  Ici poussé à l’extrême, le procédé fait patauger le film dans une apathie gluante. Le spectateur s’enfonce inexorablement dans L’Etage du Dessous, sans échappatoire, les mains jointes en une supplique désespérée : « faites que cela finisse vite ! »

Radu Muntean fait ce cinéma intellectuel, psychologique et social qui refuse de montrer, qui développe ses personnages par le non-dit et qui enterre son intrigue sous le silence d’un protagoniste creux, hébété, point central d’une mise en scène aussi vide que prétentieuse. Faites comme lui : oubliez qu’il y a un étage du dessous, passez votre chemin et continuez à vivre.

L’Etage du Dessous sort le 11 novembre 2015

Article écrit par Kevin Renard.

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