[Critique DVD] Le Pornographe, l’univers du porno par l’homme aux deux palmes d’or

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Le Japon est le pays de tous les paradoxes : une culture extrêmement décomplexée qui cohabite avec un grand traditionalisme et conservatisme (sexualité, rôle de la femme, etc.). Les opposés s’attirent… En tout cas le Pornographe (introduction à l’anthropologie) de Shohei Imamura, réalisé en 1966, est un un chef-d’œuvre indéfinissable qui représente parfaitement cette ambivalence japonaise.

C’est une adaptation du livre de Akiyuki Nosaka (mort fin 2015) qui est également l’auteur du célèbre Tombeau des Lucioles. Le film raconte l’histoire d’un réalisateur de films pornos qui jongle entre ses problèmes d’argent, de sexe et de famille. Imamura n’a peur de rien et parle en ces années de libération sexuelle des sujets les plus crus : orgie, inceste et j’en passe.

Il enrobe son fond dans une forme expérimentale brillante qui reprend vie grâce à la très belle édition double DVD « Cinéma Master Class ». On peut enfin découvrir cette pépite qui n’a rien perdu de son éclat !

Le Pornographe est disponible en édition double DVD chez Elephants Films depuis le 11 novembre 2015.

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Avis

8.5 Avant-gardiste

Découvrir pour la première fois en France cette édition du Pornographe, c'est déjà extraordinaire, mais avec ce double DVD on n'en reste pas là. Ce que vous devez regarder absolument se trouve sur le second DVD : un documentaire sur l'oeuvre du cinéaste « le cinéma de notre temps : Shohei Imamura, le libre penseur » par Paulo Rocha. Pour faire simple, c'est immanquable. À travers des conversations entre l'auteur et l'un de ses acteurs, mais aussi avec une coiffeuse et une universitaire, Paul Rocha fait un astucieux portrait de la personne derrière la caméra. À la fin, on a qu'une envie : regarder tous les films de sa riche filmographie.

  • Film 8,5
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 10
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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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