[Critique DVD] Kill Your Darlings, vivre sa Beat Generation

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NDLR: Retrouvez le test technique et le test des bonus en bas de l’article.

Kill Your Darlings est un projet de premières fois. Celle d’un jeune metteur en scène, John Krokidas, qui s’intéresse aux germes innocentes de la Beat Generation, ce courant libertaire qui compta parmi ses éminents représentants Allen Ginsberg, William Burroughs et Jack Kerouac. On les retrouve au complet dans ce long-métrage à la fois intègre et maladroit qui fait émerger une promesse.

Allen Ginsberg est ici loin du poète fou de Howl. Sa voie toute tracée dans le conformisme va être déviée au contact de Lucien Carr, être torturé et tortueux personnifié par un convaincant Dane DeHaan. La caméra toute en épaule colle à la soif de liberté des deux jeunes gens et s’octroie même le luxe de ne jamais trahir une littérature pourtant difficile d’accès.

D’une chronique électrique sur une envie de briser les codes, le récit flirte doucement avec le thriller dès lors que la croyance en une vie libre se heurte aux contraintes de l’Autre. Ce dernier, personnifié par un toujours charismatique Michael C. Hall, fait vriller le film dans une tension plus convenue et trop calculée, mais pleine de bonnes intentions.

Kill Your Darlings est disponible en Blu-Ray, DVD & VOD.

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Avis

7.3 A voir

Pour une sortie en direct sur le marché, Kill Your Darlings s’affiche dans un bel écrin technique. L’image, souvent nappée de flous et multipliant les détails, fait montre d’une belle tenue. La piste sonore en VO 5.1 sied bien au film : claire et parfois énergique.

Dès le menu, on constate une chose bien étrange. En lieu et place de la classique illustration d’entrée accompagnée d’images du film, voilà que derrière les onglets du menu passent des extraits… de l’avant-première ! Imaginez un peu le décalage entre l’époque dépeinte et une rangée de fans d’Harry Potter surexcitée à l’idée de voir l’ancien sorcier pour de vrai. Un choix éditorial plutôt déconcertant…

En se penchant sur les bonus, on constate la présence de sept minutes de scènes coupées qui ont pour principale utilité de clarifier un peu plus certaines situations (volontairement) laissées dans le flou. Si rien n’est franchement indispensable au bon suivi de l’intrigue, on regrettera la disparition d’un échange tendu mais captivant entre Jack Huston et Elisabeth Olsen, grande sacrifiée de cette histoire d’hommes.

On continue avec une interview qui aurait du être passionnante mais qui se révèle des plus convenues. Daniel Radcliffe et Dane De Haan sont en effet invités à un cours d’art dramatique mais les questions posées par la modératrice, réglées en cinq minutes chrono, sont d’une telle platitude que vous pouvez aisément passer votre chemin.

Enfin, pourquoi avoir proposé un commentaire audio (riches en informations et en détails foisonnants) si ça n’est pour ne pas le sous-titrer ? Un choix plutôt dommageable pour LE bonus à conseiller aux passionnés et aux anglophones, évidemment.

  • Film 7
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 6
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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