[Critique DVD] Dear White People, le racisme huppé

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NDLR: Retrouvez le test technique et le test des bonus en bas de l’article.

Il semble que Justin Simien, réalisateur de ce Dear White People à la réputation sulfureuse, est envie de communiquer avec son public. Plaçant son imagerie symétrique et sa photographie de soie dans le cadre d’une université huppée où les tensions raciales menacent d’imploser, Simien cherche moins à soulever la foule qu’à inviter son audience à davantage considérer les oppositions communautaires qui agitent l’actualité.

La sensation d’assister à une œuvre à la fois engagée et agitée par ses contradictions internes élève Dear White People au-dessus de la moyenne. Aimant, le récit fait tergiverser les convictions de ses personnages pour mieux les éclairer sous des lumières nouvelles et nous ramener à la nature profonde de nos préjugés. Sa petite musique jazz pousse à la méditation sociétale et fait pousser le terreau d’une vraie réflexion.

Sauf qu’en philosophant avec tact, Simien gagne en raffinement ce qu’il perd en force de frappe. Comme chez Whit Stillman, les personnages expriment leur moi intérieur par le verbe et le statisme de la mise en images (très délicate) finissent par diluer un discours plutôt engagé. Heureusement, la richesse de ce qui est ici en jeu pousse ce premier film dans le camp des intéressantes promesses.

Dear White People est disponible en DVD & VOD.

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Avis

7.8 A découvrir

Blaq Out n’a pas la réputation d’un éditeur qui prend les choses à la légère et le DVD de Dear White People est là pour le prouver. L’image, à la fois colorée et chatoyante, est retranscrite avec une précision et une pêche admirable, si bien qu’on en vient à se demander ce qu’un Blu-ray aurait bien à lui apporter.

Deux pistes (stéréo & 5.1) pour deux versions qui ne se valent évidemment pas puisqu’étant ancré dans un univers très américain, on ne pourra que vous inviter vers la VO. Celle-ci, en 5.1, fait bien le boulot même si le film se passe très bien d’effets sonores mémorables.

Côté bonus, l’apparente richesse dissimule un arsenal plutôt classique du bon DVD de service : entretien avec le réalisateur (10 minutes plutôt avare en réel info, si ce n’est la confirmation d’une inspiration personnelle), un making-of (20 minutes à la pompe promotionnelle mais soulevant en fait des questionnements intéressants), deux minutes trente de scènes coupées pas forcément indispensables et un bêtisier. Un tour tout à fait honorable qui vaudra bien que vous y passiez un peu de votre temps.

  • Film 7
  • Image 9
  • Son 8
  • Bonus 7
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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