[Critique] Chocolat, l’amitié en noir et blanc

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Le succès public de Chocolat permettrait sans doute d’élever un peu le débat, tant au niveau de l’ambition qu’il affiche que de son potentiel intrinsèque. Roschdy Zem entrevoit à n’en pas douter le potentiel de ce clown noir à la vie exaltée et souffreteuse en même temps.

La botte magique du cinéaste est contenue toute entière dans l’alchimie époustouflante de son duo, fascinant lieu des contradictions humaines, auquel deux acteurs en état de grâce donnent chair et sang. Autour d’eux gravitent des problématiques trop peu traitées sur un cinéma de cette échelle, avec un travail de reconstitution minutieux et des séquences de pantomime merveilleuses.

Seulement voilà, de ces promesses tenues ressort une sensation de frustration galopante, jusque dans un dénouement à la fois subtil et mécanique. La machinerie du projet semble avoir contraint Roschdy Zem à dégraisser sa mise en scène de tout point de vue, à la vider d’un regard singulier pour laisser la place à une facture visuelle proche du téléfilm, jamais honteux mais brossant dans le sens du poil. La portée sulfureuse de cette époque se retrouve alors presque éteinte, contrainte à jouer les faire-valoir.

Chocolat sort le 03 Février 2016 en salles.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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