[Critique Blu-ray] Le Signe du païen, quand Attila devient un mythe biblique

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Lorsque Douglas Sirk, réalisateur de grands mélodrames américains comme le Temps d’aimer le temps de mourir, fait un film sur Attila le Huns, la curiosité cinéphile pousse à découvrir au plus vite Le Signe du païen. Hélas, à la vue de ce péplum, on comprend pourquoi il est aussi méconnu dans la filmographie du cinéaste.

Tout d’abord, Jack Palance brille de mille feux par son interprétation inspirée du célèbre chef de guerre, mais la réalité historique est tellement malmenée en tout point que cela en devient dérangeant. Qu’on ne s’y méprenne pas : il est important de prendre des libertés par rapport à la source. Le problème dans Le Signe du païen, c’est son traitement religieux d’une légende qui ne l’est pas. Attila se transforme en un être superstitieux qui craint le Dieu unique et les Romains – à l’époque Catholique – sont devenus les gentils qui défendent la foi. À l’instar de Ben-Hur, cette lourdeur moralisatrice exaspère.

Au moins dans le film avec Charlton Heston, on a de merveilleux moments de bravoure tels la mythique course de chars, or c’est ce qui manque cruellement au Signe du païen qui est très (trop) bavard. On a vraiment du mal à sentir la patte de Douglas Sirk dans cette production… À réserver aux cinéphiles qui veulent tout savoir sur Sirk.

Le Signe du païen sort en DVD/Blu-ray le 3 mai 2016.

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Avis

6.3 Au nom de Sirk

Même si la qualité du film est discutable, il est bien de proposer ce DVD/Blu-ray qui permet de comprendre toujours un peu mieux le cinéma de Douglas Sirk. De plus, comme à chaque fois avec Elephant Films, on a le droit à une édition d'excellente facture.

Vous pouvez regarder la présentation de Jean-Pierre Dionnet (19 min) qui met en avant les différents participants au film, ce qui apporte une source non négligeable d'information !

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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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