[Critique Blu-Ray] La main gauche du Seigneur : oublier l’inoubliable

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Réalisateur boudé par ses pairs et les critiques suite à ses dénonciations lors du maccarthysme, Edward Dmytryk pourrait jouer la carte du complot s’il n’était pas lui-même coupable d’un cinéma mineur comme il le prouve à nouveau avec La main gauche du seigneur.

Ce n’est pas faute de s’appuyer sur deux légendes du cinéma. D’un côté, Humphrey Bogart casse son image en incarnant un aventurier se faisant passer pour un prêtre à fin d’échapper à un seigneur de guerre chinois (Lee J. Cobb, ridiculement grimé). Sobre, juste, Bogey montre qu’il peut tout jouer. En face, on retrouve avec plaisir la magnifique Gene Tierney, princesse du grand écran, dans ce qui sera malheureusement le dernier rôle d’un âge d’or. Un duo d’inoubliables sublimé par le cinémascope.

Et tandis que les diamants luttent pour donner de l’éclat à La main gauche du Seigneur, Edward Dmytryk s’enfonce dans un cinéma des années 50 dont esthétisme marqué commence à être passé de mode. Dans des décors réduits à leur plus simple fonction – dommageable au vu du lieu supposé de l’action – le réalisateur n’allume aucune étincelle, comme si il laissait le soin aux acteurs d’accomplir tout le travail et qu’il comptait davantage sur un miracle.

La main gauche du Seigneur est sorti le 10 novembre 2015 en vidéo

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Avis

6.3 À voir pour Bogey et Gene

Il n'est jamais facile de restaurer une oeuvre de 1955 en HD et surtout pas en qualité Blu-Ray. Mais le travail effectué sur La main gauche du Seigneur est plus que correct, notamment sur la bande-son qui ne souffre d'aucun parasite. Concernant l'image, le résultat est plus laborieux puisque l'on se rend compte que si certains comme Humphrey Bogart et Gene Tierney bénéficient d'une cure de jouvence impeccable, d'autres semblent être restés dans les années 50 (pauvre E.G. Marshall). Cela donne un sentiment bizarre de voir des incrustations de personnages a posteriori. On note toutefois la compatibilité en 16/9 plus qu'appréciable.

Pour les suppléments, on félicite les éditions Rimini pour cet éclairage de 45 min sur la carrière d'Edward Dmytryk, profondément marquée par le maccarthysme. Pour le plaisir des yeux on a également droit à une rétrospective de la vie de Gene Tierney, étoile du noir et blanc dont les rêves de princesse se brisèrent sur des amours contrariés et qui sombra tragiquement dans la maladie.

En bonus Blu-Ray, Christophe Champclaux revient sur de nombreuses figures du prête à l'écran, du moins sélective, en insistant notamment sur La bataille de San Sebastian avec Anthony Quinn.

  • Le Film 5
  • Image 6,5
  • Son 8
  • Bonus 6
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À propos de l'auteur

Allan Blanvillain

L’homme à tout faire du site chargé de veiller à ce que l’info ne soit jamais trop longue et n’hésitant pas à priver les coupables de desserts. Car comme dirait Chuck Norris : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

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