[Critique DVD] Comment c’est loin (même la deuxième fois)

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NDLR : Retrouvez notre test des bonus et celui de la technique en bas de page.

La première rencontre fut placée sous le signe de l’étonnement. On savait bien qu’Orelsan et Gringe, de par leur production musicale, étaient des rappeurs doués d’une belle sensibilité. On n’avait d’autant moins vu la réussite de leur premier film que celui-ci s’annonçait comme un simple prolongement de leur projet musical : raconter l’écriture hyper-galère d’un single musical par deux procrastinateurs de haut niveau.

A l’occasion d’un nouveau visionnage, on décèle d’abord ce qui cloche dans ce premier long-métrage. Les nœuds dramatiques du récit, ceux qui le font avancer, se révèlent au travers des morceaux qui émaillent le film. Hors de cette zone centrale, écoutée à l’usure grâce à sa sortie en disque, ne reste soudainement que des scènes dont l’intérêt principal pourrait être de gagner du temps entre les instants rappés.

Pourquoi alors le film parvient-il à mystérieusement nous happer ? En prêtant allégeance aux Valseuses de Bertrand Blier, Orelsan et son équipe retrouve un charme désuet au sein de notre cinéma contemporain : la douce symphonie de l’ennui. La folie des personnages, leurs échanges croustillants et une sensibilité feutrée, s’échappant parfois d’un quotidien ennuyant, font de Comment c’est loin une œuvre singulière.

Comment c’est loin est disponible en DVD & VOD.

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Avis

7.5 A (re)découvrir

Grâce à Christophe Offenstein, œil technique du projet, Comment c’est loin bénéficiait d’une qualité esthétique que n’aurait pas obtenu Orelsan si il avait été seul aux commandes. C’est heureusement une donnée qui revient sans perte dans cette édition DVD, sous l’égide d’Orange Studio. On se réjouit de retrouver les couleurs chaudes et les nombreux jeux de flous qui avaient contribué au plaisir de la première vision.

5.1 et 2.0 sont à votre bonne disposition de spectateur, pour un résultat qui ne manque pas de pêche. Petit constat qui attrait sans doute au mixage d’origine, mais les voix ne sont pas toujours impeccablement audibles. On n’ira pas jusqu’à dire qu’on entend rien, mais il faudra parfois jouer de la télécommande pour bien se régaler des échanges dialogués du film.

On attendait les bonus avec une certaine impatience, vu comme Orelsan et Gringe se montrent en interview régulièrement simples et francs. Le making-of (15’) est une plongée à l’image du film, à savoir toute personnelle et à dimension presque autobiographique. Le responsable du morceau ? Clément Cotentin, chroniqueur sportif et frère d’Orel. Grâce à ce jeu des 7 familles, le bonus bénéficie d’images exclusives qui montrent Orel et Gringe sur une période de dix ans et établit des parallèles bien chouettes entre l’œuvre finale et le parcours des artistes.

Les scènes coupées sont en fait des prolongements d’autres séquences finalement intégrées au film. On comprend les coupes mais on peut tout de même s’en régaler. Mention spéciale au show de Claude et ses interminables entrées de scène. Enfin trois clips pour compléter logiquement un projet profondément musical. Du tout bon.

  • Film 7
  • Image 9
  • Son 7
  • Bonus 7
  • Votre avis (3 Vote) 9.9
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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