[Critique Blu-Ray] Green Inferno, l’indigestion d’Eli Roth

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Il y a les cinéastes qui répondent à l’ambition de leurs intentions et il y a ceux qui se donnent des airs au-dessus de leur talent réel. Green Inferno éloigne Eli Roth des capacités qu’on pouvait lui prêter au départ, lorsque son statut de cancre de la classe le rendait encore attachant. Et c’est entièrement de sa faute.

On était prêt à aimer le projet de payer tribut à tout un pan du cinéma bis tendance cannibalisme, rendu célèbre par Ruggero Deodato. Dans sa deuxième partie fantasmée, Roth confronte sa potacherie d’antan avec une violence frontale et puérile, totalement gratuite. Le sadisme promis répondra sans doute aux attentes de ceux pour qui une bonne grillade humaine est une partie de plaisir.

On en resterait là si Green Inferno ne se donnait pas des airs d’œuvre politiquement ambiguë. Une heure interminable durant, Roth fait montre d’une laideur esthétique et d’une direction d’acteurs aux fraises, en plus d’être incapable d’aligner deux dialogues concevables. Sa description du monde est pour le moins puante, entre les indigènes idiots et une cause humanitaire en noir et blanc. De l’ambition, oui. Du gâchis, aussi.

Green Inferno est disponible en Blu-Ray, DVD & VOD.

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Avis

6.5 Repoussant

L’esthétique de mauvais goût concoctée par Eli Roth ne joue pas en faveur du Blu-Ray, qui sublime les moindres défauts de l’image. Pourtant, Wild Side fait une fois de plus un boulot impeccable, avec un transfert dénué d’artefacts et particulièrement lumineux. Même constat côté son : fidèle aux intentions d’origine.

Les bonus se décomposent en plusieurs modules. Trois sont à destination promotionnelles : « Les Villageois », « Tourner en Amazonie » et « Sur le tournage ». Elles sont tout à fait dispensables, surtout au regard des deux autres restantes que sont l’entretien avec Lorenza Izzo et Eli Roth himself, où le cinéaste se pose en artiste militant.

  • Film 3
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 7
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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